On essaie comme on peut de se réunir à gauche et, comme lors de la retraite de Russie, c’est la débâcle ! Entre ceux qui attendent que Hollande se prononce, les autres qui attendent la primaire pour décider quelque chose, voilà maintenant Aubry qui tente de rallier les gauches.

“Ce n’est contre personne”, assure un député. Enfin, on peut être sûr qu’Aubry ne quête pas pour la chapelle Hollande/Valls. La guerre des gauches aura donc finalement bien lieu et François Hollande voit, chaque jour, ses possibilités de se représenter s’amenuiser. Son espace politique se réduit. Déjà Macron – tendance à confirmer, cependant – qui lui vole son aile droite libérale/libertaire. Si, ensuite, Aubry, accompagnée de Taubira et Bartolone, s’y met, c’est toute son aile gauche qui flanche. Et la situation n’est pas excellente pour attaquer !

Tout d’abord, Hollande n’aurait jamais dû accepter le principe des primaires, car elles l’ont affaibli et l’ont abaissé au niveau des autres candidats. Il ne fait peur à personne et personne ne veut le respecter : les libéraux-libertaires considèrent qu’il n’est pas allé assez loin dans les réformes du pays (la transformation), la gauche plus progressiste lui reproche d’avoir tout concédé aux financiers et la gauche de la gauche d’avoir tout concédé au capitalisme et à Bruxelles. César flanche en Gaule mais aucun Vercingétorix ne vient unifier toutes les petites tribus gauchistes.

Le tribun Mélenchon doit déjà se battre avec une tribu d’irréductibles cocos qui résiste encore et toujours à l’envahisseur capitaliste. La tribu des Montebourg doit faire face à celle des Hamon, s’alliant temporairement contre celle des Hollande, en espérant que les Valls, ayant juré allégeance aux Hollande, ne s’affranchissent de leur fidélité pour rentrer, eux aussi, dans le combat des chefs. Quant aux écolos, entre joints et éoliennes, ils viennent d’élire Yannick de la tribu des Jadot, qui les mènera sans doute vers une alliance avec les vainqueurs du combat des chefs.

Quant à Aubrix, elle s’entoure de Taubira (la Falbala des gay), très appréciée par les différentes tribus gauchistes, et Bartolone (Agecanonix). Mais, déjà, ils pèchent dans les déclarations : à force d’accoler des mots les uns aux autres sans les comprendre, ils en perdent leur latin. “On pense qu’il n’y a pas de liberté sans égalité et pas d’égalité sans organisation sociale” : ils oublient pas d’organisation sociale sans restriction des libertés, CQFD… Et dire que Sartre est censé être leur maître à penser : “L’enfer, c’est les autres”, n’est-il pas ?

L’objectif est de réunir la gauche plurielle, la rose, la verte, la rouge, même (dans ce sens-là, ce n’est pas choquant), autour d’une bannière commune. La démarche serait centrée sur les idées et non sur les hommes : le message est clair, ils reconstruisent la gauche pour 2022 et abandonnent déjà 2017, qu’ils considèrent avoir perdu. On ne saurait leur donner tort, et on leur accordera au moins l’acceptation du constat.

Plus Alésia que Gergovie, on risque de garder pour longtemps en mémoire cette débâcle de la gauche, dans un souvenir bien plus pérenne – et agréable, il ne faut pas se mentir – que celle de 2002. Les tribus ne se comprennent plus entre elles : la recomposition est-elle déjà en marche à gauche ?

Si oui, à quand celle de la droite et la fusion des deux ensemble ?

19 novembre 2016

À lire aussi

Livre “Le Miroir sans retour”, de Reynald Secher : la Révolution à travers les yeux d’un traître !

Reynald Secher revient sur une fascinante période de notre histoire qui hante encore aujou…