Le Maroc, ce royaume de l’islam modéré

On se souvient des propos de son excellence Hassan II du Maroc en présence d’Anne Sinclair en 1993 (Najat Vallaud Belkacem a alors deux ans) : évoquant « ses » sujets (« les miens », comme il dit…) il promet « qu’ils ne seront jamais intégrés [en France] ». Propos démentis par au moins l’une des « siennes » : marocaine de 1977 à 1995 Najat Vallaud Belkacem devient franco-marocaine à l’âge de 18 ans. Aujourd’hui ministre d’un gouvernement instigateur du mariage homosexuel et grand pourfendeur de « cathos-fachos ». Mieux intégrée en France que certains Français « exfiltrés » de leurs propres quartiers. Ce qui ne l’empêchera pas d’être membre du « Conseil de la communauté marocaine à l’étranger » de 2007 à 2011 : alors, marocaine ou française ? Le mystère reste entier.

Nous ignorons ce que pense le souverain actuel du Maroc, Mohamed VI du mariage homosexuel : madame Belkacem (« musulmane par héritage », selon ses propres dires) et lui, bien que marocains et musulmans tous les deux, sont remarquablement discrets sur le sujet. Nous n’ignorons pas, en revanche, que le « royaume de l’islam modéré » (L’Opinion internationale 29 juillet 2014) est sous la menace d’un « Péril noir » (Une de Maroc hebdo, 2 novembre 2012) De là à dire que le Maroc serait « un pays de racistes »… La France l’est en général pour bien moins que cela.

Le 1 juillet 2012, avant les noirs, un autre péril guettait dangereusement notre royaume musulman modéré : des hordes d’homosexuels en croisière sur le navire MS Nieuw Amsterdam (gay cruise) se virent interdits d’accostage à Casablanca, malgré un démenti officiel « postérieur »… Pas de gay pride à Casa, donc. Plus récemment, (2 juin 2015) deux femen aux poitrines à l’air se mirent en tête de s’embrasser devant une mosquée du côté de Rabat : résultat, expulsées manu militari du Maroc. Evidemment, elles ne se risquèrent pas « dans » la mosquée, comme elles le firent à Notre-Dame : nos petites cuistres réalistes sont encore en mesure de distinguer le vrai du faux facho, et savent également qu’elles auraient peut-être réintégré leur cher « pays de racistes », la France, (dixit Elie Semoun) les pieds devant et dans un cercueil.

Et voilà que Jennifer Lopez, (Figaro du 8 juin 2015) la chanteuse américaine en rajoute une couche dans le cadre du complot occidental anti marocain : auteur de déhanchements coupables dans ses tenues légères lors d’un concert à Rabat retransmis à la télévision publique, elle a récolté une plainte pour avoir ainsi « perturbé l’ordre public et terni l’honneur des femmes (…) » avec « des gestes et des attitudes suggestives attentatoires à la pudeur et aux bonnes mœurs ». Le ministre marocain de la Communication précisant sur son compte twitter que le spectacle diffusé était « inacceptable et contraire au droit de radiodiffusion ». Heureusement que ce pays musulman là est dit « modéré ».

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