Les mois derniers, le cadavre (il pourrit depuis 1990) de la réforme de l’orthographe a eu quelques soubresauts. À cette occasion, on nous a rebattu les oreilles avec l’inévitable et nécessaire évolution de notre langue.

Eh bien, chiche ! Je vous propose aujourd’hui un mot nouveau (je crois qu’on appelle cela un « néologisme » quand on a des lettres) ; un verbe, en fait :

Maritoner (l’usage décidera s’il faut un n seulement ou bien deux). En . 1. Verbe intransitif. Abandonner, fuir, démissionner, avec l’idée d’acquérir ailleurs une meilleure position, un meilleur statut, une place, un portefeuille. 2. Verbe transitif. Trahir. Ex. : après Erfurt, Talleyrand n’a plus fait que maritoner l’Empereur. 3. Forme pronominale, employé avec faire. Se faire maritoner. Se dira d’un militant, d’un acolyte, d’un partisan, d’un combattant, d’un ami abandonné sans préavis en rase par un dirigeant, un guide, un ami. Dans une acception extrêmement vulgaire : [… autocensuré].

Après tout, d’autres que M. Mariton, qui avaient bien mérité de la patrie et acquis leur réputation en première ligne dans de durs combats, ont « tout lâché » au dernier moment et ont vu déformé et moqué par la postérité un nom naguère glorieux ; je pense à Marmont, maréchal d’Empire, fait duc de Raguse en 1808, dont la loyauté envers l’Empereur en 1814 aurait failli (Lamartine récuse cette accusation au début de son de la Restauration – la réfute-t-il ? Je ne le crois pas), et qui nous a légué la « ragusade »…

Sur ce modèle, irons-nous jusqu’à proposer “maritonade” ?

Je ne suis pas un partisan des jeux de mots formés sur le patronyme, et si j’interdis à mes enfants toutes les moqueries en général, j’insiste sur celle-là en particulier, les membres de ma , de génération en génération, ayant à subir dans les cours enfantines des moqueries – pas bien graves – à senteur d’agrume ; d’ailleurs, je confesse avoir suggéré à mes propres aînés, fille aussi bien que garçon (gender oblige), l’usage du poing (un usage chrétien, cependant ; c’est-à-dire avec mesure et discernement) pour dissiper ladite senteur lorsque celle-ci se fait trop prégnante ; si j’ai cru nécessaire la longue et laborieuse précaution qui précède, c’est à cause de la dernière proposition de mot nouveau que je soumets à l’usage de l’assemblée, et qui sera cette fois un hispanisme, à employer sans oublier l’accent tonique sur la troisième syllabe…

1 octobre 2016

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