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Editoriaux - Santé - Sciences - 4 avril 2014

Marisol Touraine dévalue la profession de médecin-psychiatre

Le rapport parlementaire Robiliard de 2013 dresse un constat dur sur le système de soins français en santé mentale. Marie-Astrid Brahms, « docteur » en psychologie, a mené l’un des groupes de travail chargés de cet audit. Le rapport rendu fait (comme bien souvent pour ce type d’études alarmistes) la promotion d’un corps professionnel. En l’espèce, celui des psychologues et des psychanalystes.

La formation de psychologue n’a strictement rien de comparable à celle de médecin-psychiatre : là où le psychologue doit suivre cinq années d’études, dans des facultés généralistes habituellement consacrées aux sciences humaines, le médecin-psychiatre, lui, accomplit un parcours du combattant de 10 années. La formation de tous les médecins présente un tronc commun de 6 ans, années durant lesquelles ils étudient les bases nécessaires à la pratique de la médecine mais aussi travaillent, durant l’externat, au contact des malades. Les deux formations ne sont pas équivalentes, et la différence de statut est clairement justifiée.

Les médecins-psychiatres étudient tant le fonctionnement mécanique du corps que la prescription médicamenteuse et les différents courants théoriques de l’étude de la psyché humaine (neurologie, psychologie, ou aujourd’hui génétique) ; ce qui leur donne une connaissance globale des futurs patients. Les psychologues n’étudient, quant à eux, que les auteurs modernes qui ont consacré leurs œuvres à l’étude psychanalytique, c’est à dire Freud ou bien encore Lacan, qui est très reconnu en France. Ces œuvres sont d’ailleurs parfois contestées par la science contemporaine.

La rapport préconise une équivalence entre les deux professions. Equivalence que pourtant rien ne justifie, si ce n’est l’appétit des psychologues. S’épancher sur un divan sur ses problèmes conjugaux et avoir un blues léger n’a rien à voir avec la schizophrénie ou la maniaco-dépression qui sont des maladies avec, bien souvent, des origines biologiques. Le public se plaint régulièrement que des malades dangereux se trouvent livrés à eux-mêmes, seuls dans la nature : on peut légitimement estimer qu’une telle mesure d’équivalence ouvrirait la porte à une amplification grave du phénomène. Ce n’est pas Freud et ses théories sur le phallus du père qui « guériront » des psychopathes ou des schizophrènes parfois potentiellement dangereux.

Une fois de plus, cette « idée » nous vient des États-Unis, suprême référence des gouvernants « sociétalistes ». , en bonne libérale-libertaire, est emballée ! Peut -une économie de coûts en perspective ? Cela semble la seule motivation de nos dirigeants en toute matière.

De son propre aveu, elle ne comprend pas bien la différence entre psychiatres et psychanalystes. C’est pour cela qu’il me semblait important de rappeler à cette dame pas très renseignée qu’il existe bien une différence de qualité entre des scientifiques rompus par 10 ans d’études et des « interprètes » de l’esprit sur courant alternatif.

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