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Editoriaux - Santé - Table - 5 juin 2015

Marisol Touraine, c’est pas Joyeux

En France seuls trois vaccins sont obligatoires : ceux contre le tétanos, la diphtérie, et la poliomyélite. Depuis quelques années il n’est plus possible de trouver un vaccin répondant uniquement à cette obligation. Ils sont tous associés à d’autres vaccins tels que ceux contre la coqueluche, ou l’Haemophilus influenzae. Ce « mélange » permet d’éviter de multiplier les injections et d’avoir en une seule piqûre une protection étendue à plusieurs maladies.

Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes s’il ne contenait pas des sels d’aluminium responsables, selon certains, de divers effets pathogènes, dont la myofasciite à macrophages liée à la persistance de sels d’aluminium au point d’injection, entraînant des douleurs et parfois des troubles plus généraux neurodégénératifs. Le lien entre ces adjuvants vaccinaux aluminiques et ces troubles pathologiques n’a pas encore été établi de manière formelle, mais est l’objet d’une étude conduite par une équipe de l’INSERM et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), dont les résultats sont attendus pour 2016. Il était donc normal que les médecins s’en émeuvent et, dans l’attente des résultats de l’enquête, réclament la mise sur le marché de vaccins ne contenant pas de sels d’aluminium (ce qui est parfaitement possible, mais sans doute moins rentable), au moins pour les trois vaccins obligatoires, afin de pouvoir, sans risque connu, satisfaire aux obligations légales en matière de vaccination.

Cette demande a fait l’objet d’une pétition soutenue par le professeur Joyeux. Pétition qui a recueilli à l’heure actuelle plus de 540.000 signatures et provoqué l’ire de notre ministre de la santé madame Touraine, qui s’est crue autorisée, à cette occasion, à affirmer que “la responsabilité d’un médecin, c’est de rassurer, d’expliquer et non pas d’inquiéter et de faire peur” (Le Quotidien du médecin du 01/06/2015). Le ministre oublie simplement qu’avant d’avoir à obéir aux directives des technocrates ministériels, les médecins sont tenus, par respect de leur déontologie, d’informer en toute objectivité leur malade.

Avertir des risques (sans nier le rapport bénéfice/risque qui, dans la grande majorité des cas, est favorable au vaccin), ce n’est pas, Madame le Ministre, inquiéter ou faire peur, c’est simplement assumer les obligations de sa fonction. Mais peut-être est-ce trop demander au membre d’un gouvernement qui n’a de cesse de nous apprendre à « bien » penser face à des situations qu’à défaut de résoudre il nous oblige à accepter.

Dans ces conditions, on peut comprendre qu’il y a quelques jours, le professeur Joyeux ait déclaré sur RTL : ne connaît rien à la santé.”

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