dénonçait, le 26 janvier, à l’Assemblée nationale, deux plaies dont sont victimes les jeunes de sa génération : 47 % d’avortement pour cause économique, la charia régnant dans certaines villes françaises.

Elle accusait les “féministes ringardes” de ne rien faire contre ces fléaux.

Elle critique encore l’inconsistance philosophique des propos féministes, leur soutien à la GPA.

Elle a raison, largement.

Le combat des “féministes ringardes”, dont celui contre l’abandon à la mort des femmes ayant avorté clandestinement, dont celui contre le sexisme du langage, était, est toujours indispensable. Mais…

Mais quand cherche des écrits intellectuels féministes pour défendre la laïcité, il trouve ceux de… deux militantes pour la GPA (voir leur pétition dans Le Monde du 12 décembre 2010) : Élisabeth Badinter et Caroline Fourest.

Mais Laurence Rossignol, elle, se trompe de combat en décrivant comme une violence le fait de dire que l’embryon est vivant et qu’interrompre une vie correspond à la définition du meurtre. On ne défend pas les droits des femmes en niant des évidences biologiques. Le droit des femmes de ne pas avorter, de n’y être pas contraintes par un État, par un employeur, par l’injonction à avoir un meilleur « niveau de vie »… fort peu de féministes osent en parler. Pourtant, il s’agit bien là d’une violence économique et psychologique.

Mais sur l’islam, sauf quelques grandes exceptions comme Alice Schwarzer et son magazine Emma en Allemagne, les moins ridicules des féministes bon teint en sont encore à prétendre « lutter contre l’islamisme », à mentir sur la charia. Leur première urgence est de menacer et harceler les quelques féministes alertant sur le contenu des textes sacrés et de la jurisprudence islamiques.

Le combat des « féministes ringardes » est toujours indispensable sur bien des plans, contrairement à ce que croit Marion Maréchal-Le Pen.

Mais, effectivement, il a été récupéré et détourné de son objectif principal à la fois par la gauche et par l’ultralibéralisme d’une part, et il s’est soumis d’autre part à l’interdit du contre l’islam.

Je suis, comme nombre de féministes, de la génération qui a l’âge des premières victimes de l’idéologie pourrie de la pseudo-révolution sexuelle.

La génération Samantha Geimer, violée par Roman Polanski, dont la mère est toujours traînée dans la boue, parce qu’elle commit l’erreur de faire confiance à un homme célèbre et artiste, lui-même victime en tant que juif. La génération des violées de David Hamilton.

Des “féministes ringardes” hurlèrent contre cette idéologie aux USA : Andrea Dworkin, l’avocat Catharine MacKinnon.

Les féministes « génération 68 » et suivantes eurent donc fort à faire, à la fois contre le camp dit réactionnaire et contre le camp dit libertaire.

Mais elles sont trop “à côté de la plaque”, comme dit Marion Maréchal, sur des risques majeurs actuels.

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