Document - Editoriaux - Histoire - Presse - 10 novembre 2015

Marine et Poutine face au « duo infernal » franco-allemand

S’il y a un axe du bien en ce moment (car je me méfie quand même de l’axe Moscou-Pékin), c’est bien l’axe Paris-Moscou, qui pourrait perturber définitivement un Washington pas au mieux de sa forme, et bousculer les gnomes impotents de Bruxelles et leurs marionnettistes de Goldman Sachs. Cet axe séduit en France tous les gens de la droite lucide et les souverainistes qui, bien que majoritaires dans ce pays, se retrouvent hélas toujours rangés dans le placard aux accessoires de notre non-histoire contemporaine.

Marine Le Pen, plus en verve que jamais, a récemment invoqué le « duo infernal franco-allemand » formé par le pusillanime épicier de l’Élysée et la grosse femme de ménage du Pentagone et du NASDAQ (le second conjoint dirige une boîte cotée à ce fameux marché). Et il y a, en effet, une dimension presque diabolique dans ce duo franco-allemand qui met l’Europe sous coupe réglée pour faciliter son occupation et pour obéir aveuglément aux injonctions de Washington et de l’OTAN – toujours plus excitée par sa guerre nucléaire pour protéger la Turquie.

Notre presse extatique évoque toute la journée avec émotion et engouement la solidité merveilleuse de ce bloc franco-allemand un temps mis à mal sous le ministère du presque regretté (quand on voit le grognon guignol qui lui a succédé) Jean-Marc Ayrault.

On a pu rêver un temps, au début des années 2000, de l’axe du bien Paris-Berlin-Moscou qui n’a jamais existé, et qui pouvait unifier le continent eurasiatique en mettant à la porte de chez nous les eschatologiques Big Brothers anglo-saxons.

Mais le seul duo franco-allemand né des cendres des bombardements n’a rien de bon non plus. Pour l’étudier, on va encore invoquer de Gaulle qui écrit cette page méconnue au tome III de ses Mémoires de guerre :

« À moi-même, Himmler fait parvenir officieusement un mémoire qui laisse apparaître la ruse sous la détresse. “C’est entendu ! Vous avez gagné”, reconnaît le document. “Quand on sait d’où vous êtes parti, on doit, général de Gaulle, vous tirer très bas son chapeau… Mais maintenant, qu’allez-vous faire ? Vous en remettre aux Anglo-Saxons ? Ils vous traiteront en satellite et vous feront perdre l’honneur. Vous associer aux Soviets ? Ils soumettront la France à leur loi et vous liquideront vous-mêmes… En vérité, le seul chemin qui puisse mener votre peuple à la grandeur et à l’indépendance, c’est celui de l’entente avec l’Allemagne vaincue.” »

De Gaulle a vu tous les dangers, le péril anglo-saxon qui allait nous noyer dans le marché, l’invasion postcoloniale (n’en déplaise à certains qui nous fatiguent) qui imposerait Colombey-les-Deux-Mosquées, et cette russophobie qui nous maintiendra sous la domination nord-américaine. Et dans ces lignes du grotesque et monstrueux Himmler, on sent poindre le risque de ce couple franco-allemand qui, d’un bon pas de l’oie, maintenant nous mène au bord des précipices – et au-delà.

Mais il semble qu’on arrive à la croisée des chemins…

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