On ne revotera pas à Hénin-Beaumont. Ce 7 décembre, le Conseil constitutionnel, endossant sa toge de juge électoral, a rejeté le recours formé par Marine Le Pen contre l’élection de Philippe Kemel, son rival PS lors des dernières législatives. Le Conseil, composé de personnalités « politiques », parce que nommées par des autorités politiques (au nombre de 9, trois sont nommées par le président de la , trois par le président de l’Assemblée nationale, trois par celui du Sénat) s’est, bien entendu, attiré les foudres lepénistes, la présidente du FN pronostiquant qu’« avec la de l’UMP, les militants de l’UMP qui siègent au Conseil constitutionnel prendraient une décision politique ».

À , on se réjouit d’autant plus que cette manche juridique permet de faire temporairement oublier les déboires politico-médiatiques de l’actuel ministre du budget, . Le président du groupe PS à l’Assemblée, Bruno Le Roux, a eu beau jeu de saluer « la dignité de notre ami Philippe Kemel qui a fait front à la campagne de dénigrement de l’ avec beaucoup de calme et de sang-froid. Les électeurs de la 11e circonscription du Pas-de-Calais savent qu’ils ont élu un honnête homme qui les représente excellemment à l’Assemblée nationale ». Si le Conseil souligne dans sa décision « qu’il y a lieu de déduire douze voix [considérées comme irrégulières, NDLR] et que l’écart de voix entre les deux candidats présents au second tour de scrutin s’établit ainsi à 106 », l’accusation de fraude excipée par le FN ne serait, selon lui, pas établie. Pourtant, la lecture attentive des « considérants » de la décision (§4 et 6 notamment) laissent planer le doute.

Que penser de l’assertion des juges selon laquelle « la participation de M. Kemel au repas mensuel d’un foyer pour personnes âgées d’une commune voisine de celle dont il est maire [mais que vint-il faire là ?] ne révèle pas l’existence d’une manœuvre destinée à porter atteinte à la sincérité du scrutin » ? On ne peut manquer, à cet égard, d’effectuer un rapprochement avec l’affaire des faux électeurs de la Mairie de , au mitan des années 1990. On se perd légitimement en conjectures… Réelle victime du « système » ou paria paranoïaque, Marine Le Pen ? La seule question que l’on doit se poser est celle de savoir à qui profite cette jurisprudence ? La tenue d’une législative partielle à l’heure où l’Élysée et Matignon essuient un feu de critiques nourries était probablement un risque que ne souhaitait pas courir le pouvoir en place. Quant à l’opposition UMP éclatée, laisser les projecteurs se tourner vers Marine Le Pen revenait à lui offrir une tribune inespérée et l’opportunité d’attirer à elle les déçus et orphelins de l’UMP. Et d’apparaître comme l’architecte providentielle de la recomposition à

10 décembre 2012

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