Editoriaux - Médias - Politique - Société - Table - 27 août 2015

Pourquoi Marine a raison de vouloir protéger Assange et les Européens

On ne parle plus beaucoup du Front national, sinon pour évoquer un parricide estival et théâtral.

Je trouve, moi, pourtant, que notre Marine française dit des choses très justes en ce moment, notamment sur la crise dite des migrants.

Voici ce qu’elle déclare il y a trois jours :

À l’occasion d’une rencontre à Berlin avec la chancelière Angela Merkel, le président de la République s’est déclaré favorable à “une répartition équitable des réfugiés qui relèvent du droit d’asile en Europe” et à “une mise en œuvre d’un système unifié de droit d’asile” ainsi qu’une “politique migratoire commune”. Alors que l’Allemagne s’apprête à accueillir 800.000 demandeurs d’asile pour la seule année 2015 et que près de 4.000 migrants ont été secourus en une journée en mer Méditerranée, de telles propositions sonnent comme un aveu d’impuissance de la part du chef de l’État et un véritable appel d’air à l’immigration massive.

Hollande, qui devient humoriste comme Anglade, a parlé d’une « situation exceptionnelle qui va durer ». Comment quelque chose d’exceptionnel peut-il durer en ces temps de la fin ? Oxymore de Venise !

Mais reprenons avec Marine, qui évoque avec sensibilité le cas Assange et les évidences suivantes :

Face à cette situation exceptionnelle, la lutte contre l’immigration massive doit désormais relever de l’intérêt supérieur de la nation. Le Front national demande que l’État retrouve tous les instruments de souveraineté afin d’exercer un contrôle efficace à ses frontières et réformer de fond en comble la politique de l’asile qui doit être ramenée à sa philosophie originelle : celle qui aurait dû conduire la France à accorder sa protection à Edward Snowden ou Julian Assange.

On est bien d’accord ; accusé de viols imaginaires, Assange est condamné à vivre à vie dans une chambre d’ambassade. Snowden s’est réfugié en Russie pendant que d’autres acteurs ont été arrêtés et persécutés aux États-Unis, notamment ce pauvre soldat qui finira ses jours dans une geôle de 4m2 avec la bénédiction de nos braves médias et de nos bons avocats des droits de l’homme.

On n’a pas trop entendu le FN sur le storytelling de Thalys, et c’est très bien aussi.

Certains braillent après le terrorisme islamique et ne comprennent pas qui il sert.

La fascisation de notre société est récente : elle date du 11 septembre. C’est le 11 septembre qui a permis nos guerres inutiles, notre invasion, notre endettement, nos baisses meurtrières des taux. Et, bien sûr, la foule effarée et manipulée a commencé par accepter toutes les brutalités de l’État libéral et libéré, avant de tolérer les arrestations ou les menaces qui pèsent sur les rares défenseurs de ce qui reste de liberté d’expression.

Il est bon que le FN le rappelle. Car on ne comptera ni sur Juppé ni sur Sarkozy ou son adorable et si américanisé rejeton mué en soldat de plomb de West Point.

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