Dimanche, quelques (dizaines ? centaines ?) milliers de Français seront dans la rue pour redire, comme ils le firent voilà deux ans, leur hostilité aux réformes sociétales imposées par le gouvernement Hollande. D’une certaine manière, ils ne feront que répondre aux “vœux” du Président qui semble regretter le calme de la rue…

La Manif pour tous revient donc à la charge. C’est, comme annoncé, le deuxième volet. Maintenant qu’est passé dans la loi le « mariage pour tous », c’est évidemment la question des enfants qui revient dans le paysage. En ligne de mire, PMA et GPA – procréation médicalement assistée et mères porteuses.

Moins friand, sans doute, des manifestations publiques que son patron, Manuel Valls a tenté de déminer le sujet en accordant une interview au magazine La Croix. La ficelle est grosse, mais ce gouvernement ne se caractérise pas par sa finesse de communication… Le Premier ministre y redit son hostilité à la GPA (gestation pour autrui), qu’il définit comme « une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains et de marchandisation du corps des femmes ». Il l’affirme, la GPA « est et sera interdite en France ». Cela malgré la condamnation de notre pays, le 26 juin dernier, par la Cour européenne des droits de l’homme pour avoir refusé de reconnaître des enfants nés d’une mère porteuse aux États-Unis. La France n’a pas fait appel de cette décision, et quand Manuel Valls assure que « l’interdiction n’est pas remise en cause », on peut sérieusement en douter puisque le jugement contraint bel et bien la France à reconnaître des enfants dont elle nie, par ailleurs, la légitimité !

Ces propos rassurants ont, bien sûr, été repris par Anne Hidalgo, maire de Paris, sur France Info ce vendredi matin. Mais à l’inverse de Manuel Valls qui demeure encore – en apparence du moins – réticent sur l’ouverture de la PMA aux couples de femmes, Anne Hidalgo s’y dit favorable « au nom de l’égalité ».

Mais de quelle égalité parle-t-on ?

C’est en effet toute la question, car la PMA, en principe, n’est ouverte qu’aux couples qui souffrent d’une stérilité pathologique. Ce qui n’est pas le cas des couples d’homosexuel(le)s qui se heurtent, eux, à une stérilité de nature : celle qui résulte de leur orientation sexuelle. Deux hommes ou deux femmes ne peuvent procréer, c’est ainsi. Alors, sauf à considérer que l’homosexualité est une maladie – ce qui irait à l’encontre de tous les combats menés ces dernières décennies par la communauté homosexuelle –, il n’y a aucun motif pour que la société prenne en charge leurs « désirs d’enfants ».

Car si la PMA leur est accordée, elle sera assurément prise en charge par la Sécurité sociale au nom, là encore, de l’égalité. En laissant même de côté toute question d’éthique pour ne considérer que l’aspect économique, ce serait, dans le temps de déficit abyssal que nous vivons, totalement suicidaire pour notre régime de santé puisque l’assurance maladie prend actuellement en charge à 100 % les frais liés à une PMA (dans la limite de six inséminations artificielles et quatre fécondations in vitro). Coût moyen par naissance : 15 000 euros. Et comme l’indique le site fiv.fr : « En cas de survenue de grossesse avec accouchement, le compteur est remis à zéro, et quatre nouvelles tentatives seront prises en charge. »

Faut-il le préciser ? C’est encore « une particularité française ». Qui nous coûte extrêmement cher.

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