« Je ne le vois pas bouger, et pourtant il chemine. » Impotent, mais perspicace, Louis XVIII avait percé à jour la tactique de son cousin le duc d’Orléans. Six ans ne s’étaient pas écoulés depuis la mort de l’avant-dernier des Bourbons que ledit duc d’Orléans se portait candidat au trône vacant de Charles X, qu’il n’avait pas peu contribué à ébranler, et devenait roi des Français sous le nom de Louis-Philippe.

Il avait en somme pratiqué sur le terrain de la politique le jeu d’enfants bien connu sous le nom de « Un, deux, trois… soleil ! ». Il s’agit, on le sait, d’avancer pendant que le meneur de jeu tourne le dos et de s’immobiliser juste avant que celui-ci ne se retourne. Apparemment indolent mais toujours à l’affût, n’a pas pu prendre Manuel Valls en faute, mais il ne saurait lui échapper que son ministre de l’Intérieur progresse insensiblement mais inexorablement vers le but qu’il s’est fixé : la première place sur le podium du village gaulois.

Ce n’est pas seulement parce que l’actualité est creuse, et ce n’est sûrement pas à l’insu de son plein gré qu’il n’est ces derniers temps bruit que de Manuel Valls à travers les interviews, les sondages, les reportages qui vont chantant la gloire de son nom et la montée de ses chances.

Attentif à sa tenue, mesuré dans ses propos, soulignant le premier – on n’est jamais si bien servi que par soi-même – son comportement irréprochable sous le rapport de la discipline, ne cherchant pas à dissimuler une ambition qui n’a pas honte d’elle-même mais rappelant qu’il a tout son temps et qu’il ne fera rien pour précipiter une échéance qui d’ailleurs ne dépend pas de lui, le locataire de la place Beauvau a parfaitement compris, comme déjà Nicolas Sarkozy, que dans les temps que nous vivons, où la crise financière et sociale se double d’une crise psychologique et morale qu’elle aggrave, il est politiquement plus intéressant et plus rentable électoralement d’être préposé au maintien de l’ordre qu’affecté à l’ ou condamné à l’enfer de Matignon.

Il suffit au poste qui est le sien d’affirmer que la loi doit prévaloir sur le désordre, d’afficher son soutien aux forces de l’ordre dont la tâche est si difficile, de rappeler que la n’est ni de gauche ni de droite pour voir grossir jour après jour son capital de confiance et d’avenir, en dehors de toute affinité politique, dans une qui doute et qui craint. Les propos de Manuel Valls sont si évidents, si simples, si basiques qu’à l’exception d’une minorité d’énergumènes, ils ne heurtent pas l’électorat de gauche et qu’ils vont droit au cœur de l’électorat de droite.

Un socialiste, que dis-je, un ministre socialiste populaire, en tout cas compatible avec la réalité de ce pays, est un article rare par les temps qui courent. Un socialiste, et plus précisément un candidat socialiste présentable, c’est-à-dire susceptible de se présenter à l’élection présidentielle de 2017 avec une chance sérieuse d’être élu, vous en voyez d’autres ? Au fait, qu’en pense François Hollande ?

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30 juillet 2013

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