De l’ à Nelson Mandela, nous garderons aussi le souvenir ému de la performance du traducteur en langage des signes. Pour les bien entendants, les mouvements du personnage pouvaient faire illusion. Grave, imprégné de son rôle, l’expert semble retranscrire tous les propos tenus à la tribune… Dès le lendemain, les associations de sourds et malentendants dénoncent l’imposture : les gestes ne correspondaient à aucun langage connu.

Les handicapés auditifs présents devant leur téléviseur n’ont donc peut-être toujours pas compris de quoi il retournait. Mandela décédé, personne n’a pu échapper à la nouvelle, mais que disaient les personnalités venues discourir à la tribune ? Peut-être en disaient-elles du mal ? Peut-être affirmaient-elles que sa femme était une traînée… Allez savoir. Seule la lecture des divers hommages pourra dissiper le doute.

Outre l’aspect hautement comique de la prestation, la présence aux côtés des grands de ce monde d’un émule du mime Marceau pose question. Comment un personnage anonyme sans aucune qualification a-t-il pu arriver là ? Nul en langage des signes, nous sommes d’accord, mais virtuose de l’embrouille ! Le passe-partout des cérémonies ! Al-Quaïda le réclame ! À trente centimètres d’Obama, il mouline… comme s’il avait fait ça toute sa vie. Avec une bonne ceinture d’explosifs, le gars vous liquide tout le gratin du G20 en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

Le gagman de l’ à Mandela se dénomme Thamsanqa Jantjie. Plusieurs spécialistes en surdité se sont cassé un bras en essayant de traduire son nom, d’où peut-être une pulsion à se charger du travail lui-même. Le lendemain, remis de ses émotions, notre gars plaide la schizophrénie. Un moment d’égarement, en quelque sorte. Une envie soudaine de gesticuler aux côtés des grands de ce monde. Syndrome rarissime. Admettons. Reste le mystère de son incursion jusqu’à ce poste stratégique. Qu’il écrive un livre pour nous expliquer sa stratégie. Nous l’achèterons.

Il serait injuste de trop ridiculiser Thamsanqa Jantjie, car en assistant de François Hollande, il ferait des merveilles. En quelques gestes bien sentis, il lui expliquerait où est l’avion. Là devant : les ailes (mouvement des bras). Le fuselage (signe transversal). Les nouvelles taxations seraient enfin expliquées en langage imagé. Majeur tendu vers le haut pour les uns, quenelle pour les autres, le peuple comprendrait plus vite…

Thamsanqa Jantjie, je te le dis, la France a besoin de toi.

12 décembre 2013

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