Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a appelé, lors du congrès 2015 de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) au Bourget, à doubler le nombre de mosquées en d'ici deux ans pour pallier le manque de lieux de culte, objectif qui, soit dit en passant, semble à ce jour matériellement irréalisable. Mais quelle mouche l'a donc piqué pour prononcer une telle provocation, à un moment où tout un chacun s'accordait, y compris les musulmans de France et leurs représentants, sur la nécessité de valoriser le vivre ensemble après les événements de janvier ?

Tentons de comprendre et d'interpréter cette déclaration.

À la mi-janvier, l’UMP, dans le cadre de ses consultations des représentants des cultes, a reçu les membres du bureau exécutif du CFCM. À cette occasion, Nicolas Sarkozy a proposé une nouvelle rencontre élargie aux responsables de grandes mosquées (Lyon, Évry) et à l’UOIF d'obédience Frères musulmans. Cette nouvelle rencontre s'est déroulée le 3 mars à la Grande Mosquée de Paris. Nicolas Sarkozy a notamment invité le CFCM et l’UOIF à participer à la journée de travail que va organiser l’ en avril prochain sur le thème de "La République et l’islam".

Le 30 mars enfin, il a été également convenu entre les deux fédérations, Grande Mosquée de Paris et UOIF, d’organiser une journée de travail courant avril pour réfléchir à une meilleure organisation du culte musulman en France.

C'est donc dans cette perspective que se situent les propos de Dalil Boubakeur le 4 avril au Bourget, pouvant laisser penser à une surenchère avant la réunion de travail avec l'UMP. Le recteur de la Grande Mosquée de Paris ne nous avait pas habitués à de telles provocations. Il y a donc de fortes chances pour que le congrès 2015 de l'UOIF marque la mainmise de cette instance sur la représentativité de l'islam en dans le dialogue avec les autorités politiques de notre pays.

Nicolas Sarkozy espère-t-il réussir avec l'UOIF ce qu'il a raté avec le CFCM qui n'a pas su ni pu s'imposer, alors que l'ancien président de la République a déclaré récemment que le voile islamique était contraire aux valeurs de la République et qu'il était maintenant favorable à l'assimilation après avoir reconnu s'être trompé en prônant l'intégration ?

Quant au gouvernement, on est toujours dans l'attente de la composition de la nouvelle « instance de dialogue » avec les représentants de l'islam de France, annoncée le mois dernier.

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6 avril 2015

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