Le 11 janvier, des centaines de milliers de Français se réunissaient autour de la place de la République pour ce qui restera la Marche de la défense de la liberté d'expression. Cette marche avait été organisée, après les tueries de Charlie Hebdo et de l'épicerie casher, par le Premier ministre afin de montrer que le peuple et les gouvernants, main dans la main, se dressaient face au terrorisme.

Sauf que le peuple ne savait pas qu'il pouvait toujours tendre les mains : impossible d'empoigner celles des hommes politiques de tous bords (sauf ceux du FN rejetés dès le départ) et de tous pays.

Eh oui, que voulez vous, c'est bien beau, de manifester contre la violence, mais il ne faudrait pas que cette même violence touche les élites. Alors pour ces chefs de gouvernement, on a délocalisé la marche. La foule marchait, ou plutôt piétinait, autour de la statue de la République, alors qu'une centaine d'êtres supérieurs (nos gouvernants), à un kilomètre de là, entourés par une multitude de policiers et de gardes du corps, faisaient semblant, bras dessus, bras dessous, de manifester. D'un côté, l'exaltation d'une masse compacte et recueillie, de l'autre : tournez manège ! Car l'important, pour ces gens-là, n'était pas le peuple qui communiait plus loin. Non, l'important était les centaines de journalistes qui les flashaient tous unis pour l'occasion, tous rassemblés autour du président français. Ce jour-là, il ne fallait pas être avec la masse, il fallait simplement être sur la photo. Nous avons assisté à de la "comm'", à une simple mise en scène bien huilée : les chefs de gouvernement défilant vers les caméras dans une ruelle bien gardée et barrée par le service d'ordre et les gardes du corps d'un côté, et le peuple… ailleurs.

Marche

Vous me direz, il est normal de prendre des précautions quand la plupart des autorités des États du monde sont présentes. Certes, il était naturel de les protéger de tout mouvement de foule qui aurait pu cacher des fanatiques décidés à faire un carton mondialisé. Mais n'était-il pas plus facile de délimiter un emplacement en tête du cortège, au besoin en rassemblant les grands de ce monde deux heures avant la manif pour minorer les risques ?

Maintenant, parlons de l'attitude des journalistes français qui ne diffusèrent jamais la deuxième photo. Montrant, ainsi, combien ils étaient aux ordres du politiquement correct. Même si, sur le moment, la télévision y fit allusion, il fallut des journalistes étrangers pour prendre ce cliché avec vue plongeante et cadrage élargi, montrant le du groupe dans une impasse sous la surveillance des CRS et gendarmes mobiles.

Si nos journaux ne l'ont pas publiée, c'est qu'ils savaient l'effet désastreux que cette photo agrandie provoquerait chez nos concitoyens. Le peuple qui, pendant des jours, avait cru à l'union nationale. Union, oui, mais simplement celle des puissants de ce monde, de tous ces chefs d'État mondialisés qui versaient une larme par obligation. Cela n'empêchait pas, d'ailleurs, et Christiane Taubira, entre autres, quelques minutes plus tard, de rire aux éclats. Et si Cazeneuve avait pris sur les forces de prévues pour encadrer la vraie manifestation, pas grave : quelques morts de plus n'auraient pu contrarier la marche des puissants de la Terre.

Le plus grave : où était le courage, dans tout cela ? Car si notre Président avait assumé son état, il aurait, lui, le chef de l'État du pays organisateur du rassemblement, fendu la sécurité, marché vers la foule et se serait placé en tête du véritable cortège.

Hélas, trois fois hélas, un âne vêtu d'une peau de lion, comme aurait dit La Fontaine, ne peut devenir un félin !

30 janvier 2015

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