La prohibition de l’ fait partie des règles morales inscrites au plus profond de l’humanité, parce qu’il viole radicalement un des piliers de notre nature humaine : la distinction des générations et la transmission de la vie de l’une à l’autre. Les relations sexuelles incestueuses, qui aboutissent à l’engendrement d’enfants, brouillent irrémédiablement toute filiation.

L’ légalisera-t-elle l’inceste ? C’est sans doute la voie dans laquelle s’engage notre puissant voisin, si l’on en croit l’avis du Conseil national d’éthique qui préconise sa dépénalisation entre frères et sœurs. Il estime, en effet, que “protéger un tabou social” et “fixer des barrières morales” ne relève pas du droit pénal. À quoi sert donc le droit pénal ?

À vrai dire, cette “proposition” n’a rien de surprenant dans la lignée des politiques libérales-libertaires menées en Occident depuis plusieurs décennies. Et elle est rendue possible par l’effacement progressif de tout repère moral, au profit d’un relativisme éthique qui devient la seule norme. N’ayons pas peur des mots : c’est bien de morale qu’il s’agit, qui impose à l’homme un comportement conforme à la vérité de sa nature. Or, la morale naturelle pose des limites à l’action humaine, encadre sa liberté et l’empêche de faire tout ce qui lui plaît. L’exact contraire de ce que veulent ceux dont le profit repose sur l’assouvissement immédiat des envies du consommateur, envies qu’on suscite en permanence grâce à la et au marketing.

Désinhiber l’individu est donc une nécessité vitale pour la marchande. Là réside le lien, que beaucoup persistent à nier, entre libéralisme et libertarisme qui érigent en règle absolue la liberté individuelle et l’autonomie de la volonté. Rien à voir, bien entendu, avec une règle bien tempérée de liberté d’entreprendre au profit de la communauté tout entière.

Quoi d’étonnant à cette proposition dès lors que l’amour entre deux personnes est érigé en unique justification de leur union ? N’est-ce pas l’argument utilisé pour permettre l’extension du mariage aux personnes de même ? “Puisqu’ils s’aiment…” Pourquoi le refuser aux frères et sœurs, aux frères entre eux ? S’ils s’aiment, qui nous permet de juger de la sincérité de leur amour et de les empêcher de le vivre pleinement ? Et demain ? La zoophilie ? Quelle règle morale, dans un monde totalement relativiste, me privera de la liberté de m’unir à mon âne ou à ma chienne ?

Alors, bien sûr, les bonnes âmes diront qu’il s’agit là d’une modification très limitée, strictement encadrée et restreinte au droit pénal. Comme toujours. Mais, l’ le montre, lorsqu’on entrouvre une porte morale, il se passe peu de temps avant qu’elle soit grande ouverte. Et, comme nos démocraties soumettent au législateur les règles morales, rien – juridiquement – ne s’oppose à ce que celles qui paraissent les plus profondément enracinées soient abolies. On l’a vu avec la loi Veil, la loi Taubira, les lois sur la .

Ce qui est légal est devenu moral. Et cette inversion des valeurs fait peur.

28 septembre 2014

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