Blog - Editoriaux - Table - Union Européenne - 15 mars 2013

Magouilles au Parlement européen !

Il faut lire le blog de Jean Quatremer, le correspondant de Libération à Bruxelles. On y apprend, par exemple, que le Parlement européen discute actuellement d’un drôle de projet : il s’agit, ni plus ni moins, que de modifier le système de répartition des sièges dans cette belle enceinte.

Je vous explique.

Aujourd’hui, explique notre confrère, pour élire un député maltais il faut seulement 69 352 citoyens contre… 883 756 pour son homologue français. On est loin, très loin, vous en conviendrez, du principe démocratique : un homme égale une voix !

Eh bien, imaginez-vous que nos eurocrates veulent aller encore plus loin dans cette véritable dérive. Profitant de l’arrivée de douze députés croates, ils proposent « d’améliorer » le système. Dorénavant, pour sauvegarder les intérêts des petits et moyens États et… de l’Allemagne, ils proposent une nouvelle clé de répartition des sièges qui devrait se faire au détriment de pays comme… la France notamment.

Une fois de plus, nous serons les dindons de la farce, les cocus de l’Europe. Une vraie magouille politicienne qui va à l’encontre des propres règles édictées par les États membres et notamment du Traité sur l’Union européenne qui précise les modes de calcul pour déterminer la représentation de chacun. Si on les appliquait, la France, qui compte aujourd’hui 74 députés, devrait disposer de 83 sièges. Mais, c’est vrai — le nombre total de députés européens ne pouvant dépasser 751 —, au détriment de « petits pays » comme la Hongrie, la Belgique, le Portugal ou la Roumanie.

Cela s’appelle la démocratie. Un concept sur lequel nos députés voudraient bien s’asseoir. On ne va quand même pas s’encombrer de quelques principes ! Alors on triture, on découpe, on malaxe…

Dieu merci, les États vont pouvoir opposer leur veto à cette véritable escroquerie. Reste une question : comment une telle supercherie a-t-elle pu naître et prospérer dans le cerveau de ces élus décidément hors-sol ? Et une question subsidiaire : ne serait-il pas temps de les ramener à la raison, de leur rappeler qu’on ne peut pas jouer impunément avec les citoyens, avec nous ?

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