, comme nous l'a appris le storytelling que nous sommes priés de suivre depuis cet été, est né à lui-même, à l'amour et à la politique sur les planches du club de théâtre de son lycée, grâce à son professeur de français Brigitte Trogneux, devenue Mme Macron.

Un acteur né, donc. Un jeune premier. De la flamboyance dans le regard.

Et puis un numéro de transe extatique porte de Versailles par un samedi gris de décembre, un peu surjoué quand même.

Résultat de ce plan médias assuré par Paris Match, Challenges et Gala, avec le soutien de quelques banquiers amis ?

D'après un sondage Odoxa pour L'Express et la presse régionale (très important, les quotidiens de province, pour faire entrer de force un profil trop bobo jusque dans la France profonde allergique à ce style m'as-tu-vu !), M. Macron serait devenu, en décembre, « la personnalité politique préférée des Français ».

Couronnement ! Marche nuptiale ! Brigitte peut applaudir son élève préféré ! La star est née !

Mais. Car il y a un « mais ». Et il y en a même plusieurs…

D'abord, nos sondeurs d'Odoxa ont l'honnêteté de reconnaître, mais dans les petites lignes, pas dans les titres qui vont aveugler ma grand-mère pour le réveillon, que M. Macron n'a en fait rien gagné ! Pas un misérable petit point dans leur sondage ! Aucun progrès, l'acteur ! Même après son numéro mystico-braillard de Versailles !

Macron ne doit son podium qu'à l'effondrement de M. Juppé (-4 points. Il nous avait semblé que c'était plutôt du -40 en novembre, lors de l'élection, non ?), le tassement de M. Fillon (-6) et la disparition dans les sous-sols de ses ex-petits camarades du gouvernement.

Ensuite, M. Macron ne semble visiblement pas à l'aise dans certains rôles, pourtant indispensables pour devenir un véritable acteur politique. Vous savez : Paris, janvier 2015 ; Bataclan, novembre 2015 ; Nice, juillet 2016 ; Saint-Étienne-du-Rouvray, juillet 2016 ; Berlin avant-hier.

Durant ces « séquences »-là, silence radio, disparition complète : l'acteur semble enfermé dans sa loge. Occupé à se refaire une beauté ? À s'essayer la voix ? À prendre une mine de circonstance ? On ne sait pas. Ce qui est sûr, c'est que, dans le storytelling qu'on lui écrit, il y a des ellipses narratives, comme dit son professeur de français, des « trous », des « blancs » dans le beau récit. Et les Français, comme ma grand-mère, n'aiment pas ces acteurs qui « n'assurent pas » quand ça devient sérieux...

En juillet, M. Macron avait dû se serrer dans Paris Match, et les victimes de Nice l'avaient empêché d'étaler son sourire éclatant et ses shorts de bains Et là, pas de bol non plus, après son zouk en Guyane, sa balade au marché de Noël sur papier glacé est compromise par un migrant tunisien et la brave Angela, avec qui il a tant de points communs pourtant…

Au fait, encore un détail : il y a bien une - et une seule - personnalité politique qui monte vraiment, dans ce sondage. Vous aviez deviné ? Ma grand-mère aussi !

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22 décembre 2016

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