Culture - Discours - Editoriaux - Histoire - Politique - Table - 18 février 2017

Macron : un énarque ignorant, léger et irresponsable

Il y a une incompatibilité entre le socialisme et le gouvernement. Le dernier mandat l’a amplement prouvé. Ainsi est née l’idée d’un candidat couvé par la machine socialiste, mais qui paraîtrait la renier suffisamment pour séduire les gogos du centre. Mondialiste, progressiste, humaniste pour rassurer la gauche, libéral et banquier au physique de gendre idéal pour séduire la droite. Mais il est léger au point de décevoir tout le monde. Passe-t-il la Méditerranée que les “éléments de civilisation” qu’il trouvait dans la colonisation vue de France deviennent de la barbarie et un crime contre l’humanité en Algérie. Le matin, il déplore l’humiliation infligée aux millions de Français de la Manif pour tous et, le soir, il promet la PMA pour les lesbiennes. Ses proximités politiques suggèrent lequel des deux publics est roulé dans la farine !

Les propos de M. Macron qualifiant, en Algérie, la colonisation de “barbarie” et de “crime contre l’humanité” disqualifient définitivement ce personnage creux pour devenir président de la République française. Ainsi M. Macron vient-il de nous révéler qu’un énarque pouvait être un ignorant, léger et irresponsable.

On relèvera, d’abord, l’absurdité de parler de barbarie à propos de la colonisation. Ou l’on pense que le barbare est celui qui parle de barbarie, et il faut alors se contenter de dénoncer les invasions et les conquêtes, quelles qu’elles soient, y compris celle des Arabes musulmans qui ont conquis l’Afrique du Nord berbère il y a quatorze siècles. Ou, avec un minimum de connaissances historiques, on considère que ce phénomène est un des moteurs de l’Histoire avec deux versants, celui par lequel un peuple plus développé imprime sa domination sur un plus faible que lui, et celui par lequel un peuple plus vigoureux s’empare d’un voisin d’autant plus attirant qu’il était riche et affaibli. Dans le premier cas, la violence peut être plus ou moins présente. La colonisation espagnole a tué parfois le peuple, mais le plus souvent sa civilisation et ses croyances. La colonisation anglo-saxonne a été d’une cupidité extrême, remplaçant la population d’origine ou l’exploitant suivant les cas. La colonisation française a respecté la foi musulmane là où elle était présente. Elle n’a pas détruit la population, mais au contraire l’a multipliée grâce à son action médicale. C’est ainsi que le prix Nobel de médecine Laveran avait découvert, à Constantine, l’agent du paludisme – ce fléau qui régnait sur le territoire de l’actuelle Algérie. Le bacille de la peste fut découvert par Yersin en 1894 au Vietnam, dont il a été fait citoyen d’honneur en 2014. Lorsque l’on a affaire à une invasion “barbare”, là aussi, c’est la civilisation plus avancée – celle de l’envahi, chinois, grec, Pprse ou gallo-romain – qui finit par s’imposer.

De même, l’expression “crime contre l’humanité” témoigne, cette fois, d’une légèreté insoutenable. Si la tentative largement entamée de faire disparaître les personnes d’ascendance juive, le génocide méthodique, “industrialisé” entrepris par les nazis reste le fait historique que désigne avant tout cette imputation, c’est atténuer son horreur que de faire rentrer dans cette catégorie des processus historiques qui n’ont rien de commun avec lui. Il n’y a eu ni génocide physique ni génocide culturel des habitants de l’actuelle Algérie. Ils étaient cinq fois plus nombreux après la colonisation qu’avant. Même les Kabyles, chrétiens avant l’arrivée des Arabes, et convertis de force, n’ont pas subi de pression pour retourner à la foi chrétienne. Ignorant, léger, M. Macron est encore irresponsable. Comment imaginer que le chef d’État de la France puisse salir l’œuvre du pays pour se complaire au discours officiel d’une dictature ? Chez certains, les propos stupides de l’énarque alimenteront la haine et la violence envers le pays qui les accueille.

Il est temps que cet homme sans fond, mais non sans fonds, rencontre l’inévitable explosion de la bulle qu’on lui a fabriquée.

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