Macron décoré au nom de la reine qui acheva la Reconquista

À Madrid, lors de sa visite d'État, le Président reçoit une distinction chargée d'histoire et de symbole.
Capture d'écran GBS et DRM News.
Capture d'écran GBS et DRM News.

Ce mardi 29 septembre, après avoir finalement assisté à la messe célébrée par le pape à Metz, Emmanuel Macron a franchi les Pyrénées pour une visite d’État de deux jours en Espagne. Accueilli à Madrid par le roi Philippe VI et la reine Letizia, le Président français va participer à nombre de cérémonies destinées à illustrer les liens étroits qui unissent nos deux pays. Parmi les moments les plus solennels de ce séjour figure la remise à notre Président du collier de l’ordre d’Isabelle la Catholique, l’une des principales distinctions civiles espagnoles. Derrière cette décoration se trouve le souvenir d’une souveraine qui a profondément marqué l’Histoire de l’Espagne et dont le nom demeure associé à la prise de Grenade en 1492, marquant l’achèvement de la Reconquista.

Une visite d’État

La visite d’Emmanuel Macron, prévue les 29 et 30 septembre 2026, est la première visite d’État d’un Président français en Espagne depuis celle de Nicolas Sarkozy en avril 2009. Le chef de l’État est reçu avec les honneurs militaires au palais royal de Madrid avant d'être accueilli au palais de la Zarzuela par Philippe VI pour un déjeuner, avant de poursuivre sur une rencontre avec des étudiants afin d’échanger avec eux sur le thème des réseaux sociaux. Un traditionnel dîner de gala sera ensuite donné au palais royal. Le lendemain, Emmanuel Macron participera notamment à un forum économique franco-espagnol en présence de nombreux chefs d’entreprise. Le Président français s’entretiendra, enfin, avec Pedro Sánchez au palais de la Moncloa.

C’est dans ce cadre particulièrement solennel que le roi d’Espagne distingue son homologue français en lui conférant le collier de l’ordre d’Isabelle la Catholique afin d’apporter « la preuve de [sa] reconnaissance royale de Son Excellence Monsieur Emmanuel Jean-Michel Frédéric Macron », rien que ça. Brigitte Macron et Jean-Noël Barrot recevront, pour leur part, la grand-croix du même ordre.

Une décoration née trois siècles après Isabelle

Le nom de cette décoration pourrait laisser croire qu’elle remonte au règne d’Isabelle de Castille et, donc, au XVe siècle, mais il n’en est rien. En effet, cette distinction fut instituée le 14 mars 1815 par Ferdinand VII, plus de trois siècles après la mort de la souveraine espagnole. Son objectif initial était de récompenser les services rendus à l’Espagne, notamment dans ses territoires américains. Aujourd’hui, son objet est plus large. Le règlement de 1998 prévoit qu’il récompense des « comportements extraordinaires de caractère civil » accomplis par des Espagnols ou des étrangers et contribuant notamment au rayonnement de la nation ou au développement de ses relations d’amitié et de coopération avec les autres pays. Le roi d’Espagne en est le grand maître, tandis que le ministre des Affaires étrangères exerce les fonctions de grand chancelier.

Le collier constitue un ensemble héraldique particulièrement riche. Sa pièce centrale représente un aigle d’or portant les armes réunies de Castille et de León pour Isabelle, et d’Aragon et de Sicile pour Ferdinand. Quinze maillons composent ensuite le collier. Huit d’entre eux associent un joug et cinq flèches et sont cernés des initiales gothiques F.Y., pour Ferdinand et Ysabel. Les sept autres présentent une couronne de laurier entourant deux globes, l’Ancien et le Nouveau Monde, surmontés d’une couronne et deux colonnes, représentant les colonnes d’Hercule, portant la devise « Plus Ultra », « Rien au-delà » rappelant l’expansion et l’unité de l’Empire espagnol. La devise de l’ordre, « À la loyauté éprouvée », apparaît sur les insignes de la grand-croix et résume la vocation de cette distinction : récompenser une fidélité et des services jugés exceptionnels envers l’Espagne.

Dans les pas d'une reine catholique

Si Ferdinand VII a choisi le nom d’Isabelle, c’est parce que le souvenir de cette dernière demeure intimement lié à l’histoire de la monarchie espagnole. Née en 1451, Isabelle devient reine de Castille en 1474. Son mariage avec Ferdinand d’Aragon, célébré en 1469, rapproche les deux principales couronnes de la Péninsule. Le couple entre dans l’Histoire sous le titre de Rois Catholiques, accordé par le pape Alexandre VI Borgia en 1496.

Leur règne est marqué par un événement majeur : la prise du royaume musulman de Grenade. Après une guerre commencée en 1482, les souverains obtiennent ainsi la reddition de la ville le 2 janvier 1492, mettant fin au dernier État musulman de la péninsule Ibérique et marquant l’achèvement de la Reconquista. La même année, Isabelle apporte également son soutien au voyage de Christophe Colomb, dont l’expédition atteint les Caraïbes en octobre 1492 et dont on sait que, bien des années plus tard, il sera source de grandes richesses. Ainsi, derrière le nom de cette décoration se dessine toute une partie du récit national espagnol : celui d’une reine associée ayant pavé la voie vers la grandeur pour son royaume. Il ne reste alors à Emmanuel Macron que quelques mois pour se montrer digne de cette distinction et de l’histoire qu’elle porte.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur BV- Histoire, patrimoine, culture

Vos commentaires

69 commentaires

  1. Renforcer notre souveraineté « européenne » dit-il le Macron !!!! Ben voyons ! nous avons tous vu où nous a mené cette « europe » .Et en plus elle n’est pas dirigée par une élue ,mais par une nommée !!! Allez comprendre .

  2. mais macrounet 1er ne connait rien a rien et encore moins a l’histoire,on ne le changera plus pour maintenant ,mais en Espagne ,il vient encore de prendre un vent de première catégorie,plus personne ne peut le piffrer!

  3. Déçu par le Roi D’Espagne : de son éducation , de son rang et de son niveau , comment a-t-il pu décorer le sieur Macron . Non seulement ce monsieur ne mérite nullement une telle décoration ,en plus il en est indigne
    Alain Proviste

  4. Il ne mérite pas ce cadeau d un roi ! Il a accepté que l on repésente la reine M Antoine Antoinette guillotinée portant sa tête lors des jeux olympiques .C était lourd de sens.

  5. Je pense surtout qu’on va se taper des migrants de Ceuta , aucune confiance , il est comme Melenchon , il veut le chaos et croyant mieux rebondir en 2032 ; Macron est un traître à la nation , il mérite le tribunal pour corruption aussi , quelle honte ce mec , il n’y a que l’Espagne pour lui filer quelque chose et pour avoir ça il a dû pas donner sur notre dos

    • Votre « il n’y a que l’Espagne pour lui filer quelque chose » est particuliérement dédaigneux envers la Couronne d’Esapgne, envers le peuple espagnol.

  6. Ah, qu’il aime les décorations, no’t bon maît’e ! Ne pourrait-on pas lui refiler la couronne du roi Ubu, la plus adaptée, nous semble-t-il ?

  7. Il trahit une foi de plus les Français ! ce que nous voulons est la souveraineté de la FRANCE pas celle de l’UE qui nous efface et change la population avec une immigration massive alors que le chômage est toujours plus important !
    La Reine Isabelle la Catholique doit se retourner dans sa tombe de voir le destructeur Macron porter la plus haute distinction en son nom !

  8. Ce qui est probable, c’est que les souverains Espagnols ont jugé bon d’accomplir un royal devoir en renforçant les liens entre deux pays latins de la vieille Europe et non en marquant une préférence personnelle pour monsieur Manuel Macron.

  9. Une distinction créée pour saluer le génocide des civilisations précolombiennes, donc, nom d’une religion? J’ai du mal comprendre….. Il mériterait mieux le bonnet d’âne du grand remplacement et de la de la soumission vassale à l’impératrice Van Der Layen….

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