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Editoriaux - Politique - Presse - Radio - 31 août 2016

Macron ? Comment vous dire…

“Macron ? Comment vous dire… Ras le bol !” C’était il y a un an, le 23 septembre 2015, à l’occasion de sa conférence de presse de rentrée. Martine Aubry, bête de concours en vachardises en tout genre, se lâchait sur le jeune premier de Bercy. On aimerait, d’ailleurs, connaître sa réaction après la démission de Sa Sémillantissime, mais comme elle n’est pas accro des réseaux sociaux, nous restons pour l’heure sur notre curiosité malsaine.

Macron, comment vous dire, ras le bol ! Alors, à quoi bon empiler un papier de plus sur tous ceux qui s’accumulent dans tous les journaux et même sur Boulevard Voltaire ? Hier, nous avons eu droit à toutes la collection, non pas des Martine, mais des Emmanuel – au masculin : tant pis pour les nostalgiques de vintage : Emmanuel fait ses valises, Emmanuel en bateau, Emmanuel fait ses adieux, Emmanuel nous mène en bateau… Et aujourd’hui, ça y va de plus belle.

Fort heureusement, nous nous délectons des banderilles – tout aussi assassines que celles de la gardienne du beffroi de Lille – lâchées par les derniers fidèles de l’esseulé de l’Élysée. Stéphane Le Foll, le bon soldat, donnant dans le frontal, Najat Vallaud-Belkacem, jamais avare d’un poison oriental tiré de sa bague, tous deux faisaient ce matin le service après-vente dans les matinales radiophoniques. Quant à Cambadélis, patron d’un PS crépusculaire, voire « sigmaringenien », hier soir, il se lâchait dans un tweet qui fleurait bon sa cours de récréation en comparant l’annonce de la démission de Macron à un Kinder Surprise.

Du côté de la droite dite républicaine, on ne retiendra que l’ironie de Nicolas Sarkozy, alors en visite à la foire de Châlons-en-Champagne : “Si j’ai bien compris, ça fait quatre ans qu’on n’a pas de politique économique et dans quatre minutes, on n’aura plus de ministre de l’Économie : c’est logique !” Comme quoi faire le Président, de nos jours, n’est pas incompatible avec le rôle de bateleur de fête foraine.

Il est vrai que Nicolas Sarkozy ne devait pas être content du tout de s’être fait voler la vedette (pas fluviale) après une semaine de pilonnage intensif, digne des meilleures préparations d’artillerie avant la sortie de la tranchée. Tout ce boulot pour retrouver au 20 heures – ce champ de bataille des temps modernes – un jeune blanc-bec, impeccable dans sa tenue de parade, tout propre, rasé de frais, gants blancs et tout le toutim, regard clair tourné vers la ligne bleue des élections, faut reconnaître qu’il y a de quoi grincer des dents, non ?

Parce que l’idée de manœuvre, c’était bien ça : attendre en embuscade qu’ils soient tous sortis du bois, pour les prendre en caponnière : à droite Sarkozy, dernier entré officiellement en lice, à gauche les Duflot, Montebourg et autres Hamon. Du reste, le supporter en chef d’, Gérard Collomb, maire de Lyon, le reconnaissait ce matin chez Bourdin. Tout était programmé. La guerre, la politique, le commerce, c’est tout pareil : il faut choisir le moment pour tirer, parler ou vendre sa camelote. Faut-il encore avoir quelque chose à vendre. Il a dû retenir cela chez Hollande, : c’est souvent le dernier qui parle qui a raison.

Emmanuel Macron a-t-il parlé le dernier ? Je ne crois pas. Il me semble que Marine Le Pen a pas mal de choses à dire aussi…

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