Attention, ça, c’est une info. Les Inrocks, madame.lefigaro.fr, tf1.fr, franceinfo.fr et quelques autres nous ont annoncé, hier, le lancement d’un site, ce même jour, qui devrait révolutionner notre vie… notre vie à nous, les femmes : macholand.fr. Un site sur lequel chacune pourra lutter contre « le sexisme ordinaire ». Selon franceinter.fr, Macholand est un site « très drôle et très efficace » (parce que France Inter sait ces choses avant même que le site ait démarré) qui « épingle les pubs, les images et les propos sexistes vus ou entendus à la télé, dans les journaux, ou même à l’Assemblée nationale ». C’est un site participatif. Comme le disent Les Inrocks, « tout le monde peut dénoncer le sexisme sur Macholand » ; en un clic, l’affaire est diffusée à grande échelle, via Twitter et Facebook et, dans la foulée, l’abominable macho démasqué se voit virtuellement hué sur les réseaux sociaux.

À l’origine de ce pays des machos, Caroline De Haas, ancienne conseillère de Najat Vallaud-Belkacem, qui avait déjà créé le blog « Vie de meuf ». Elle est assistée, pour l’occasion, de deux féministes ayant, elles-mêmes, créé fin 2013 le site des « 343 connards ». Caroline De Haas, ça rime avec la classe.

Sur macholand.fr, aucune dénonciation privée. Seuls les faits d’ordre public sont retenus. Et quels ont donc été les machos, soigneusement sélectionnés, hautement symboliques, ayant fait montre d’un machisme spécialement abject, livrés en premier, ce mardi, à la vindicte féminine populaire ?

Les 142 députés ayant soutenu le député Julien Aubert, sanctionné pour ne pas avoir dit Madame la Présidente. Et puis la marque Ariel, dont le site laisse à penser que seules les mères peuvent faire des lessives. Heureusement que macholand.fr existe, hein ? Oh oui, vraiment, merci, macholand.fr !

Moi aussi, je peux participer ? Attendez, je sors ma liste. Dans la catégorie « femme-objet », je propose Jacques Toubon, qui veut la reconnaissance des enfants nés par GPA – ce qui revient à la légaliser pourvu qu’elle soit offshore – ou encore Pierre Bergé, pour lequel le ventre d’une femme est un outil de travail comme un autre.

Dans la catégorie « violences faites aux femmes », je suggère Christiane Taubira (il faut de la parité partout, même chez les machos), dont le laxisme en matière de traitement de la récidive des délinquants sexuels frappe d’abord et de plein fouet les femmes. « Violeur », voyez-vous, est un mot comme « président », en mille fois pire : on ne le met jamais au féminin. Et pour cause.

Dans la catégorie « femmes oubliées », je préconise tout le Parti socialiste, qui préfère ne pas regarder de trop près du côté des « quartiers », du nombre toujours croissant de femmes voilées. Le féminisme bien compris s’arrête là où commence l’intérêt électoral. L’association Ni Putes Ni Soumises, taxée par certains (Mediapart, Les Inrocks) « d’entretenir un discours anti-arabe », ne sait d’ailleurs plus très bien où elle habite.

Car le féminisme, bien sûr, n’est intéressant que lorsqu’il cherche des poux dans la tête du godelureau occidental. Lorsqu’il pinaille à l’infini sur un point de grammaire. Se demande si montrer une femme appuyant sur le bouton « On » d’une machine à laver n’est pas dégradant. Tout autre combat serait éminemment suspect.

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