Port assiégé, camions pris d’assaut, charges de CRS, jets de pierre, gaz lacrymo… C’est à Calais que se sont déroulées ces scènes de guérilla urbaine, point névralgique de liaison avec l’Angleterre. Une ville « ouverte sur », d’après son site officiel. Cette « ouverture à l’autre », à l’étranger, Calais s’y confronte depuis des années avec une tension qui croît selon la pression migratoire : exponentielle.

Depuis 15 ans, cette ville voit passer des flux issus en majorité d’Afrique, qui cherchent à se rendre en Angleterre. En 1999, un centre d’accueil avait été créé à Sangatte, commune proche de Calais. Administré par la Croix-Rouge, il a vu son nombre de migrants monter à huit fois sa capacité d’accueil. Cette situation ingérable poussa Nicolas Sarkozy à ordonner sa fermeture en 2002, sans pour autant proposer de solution.

Le nombre de migrants n’a cessé de croître, et a littéralement explosé en 2014, l’Italie ayant notamment cessé de les refouler en mer. La France, incapable de juguler les flux entrant sur son territoire, mobilise en revanche ses troupes pour contrôler ceux désirant se rendre chez la perfide Albion qui impose, elle, un strict contrôle à ses frontières… En parallèle de cette hausse, les tensions se sont accrues avec des rixes entre bandes rivales pour le contrôle des zones dans lesquelles elles s’entassent. Et la situation s’est singulièrement dégradée depuis août.

Ainsi, la semaine du 20 octobre a été le théâtre de trois jours d’affrontements : le lundi, plus de 300 migrants ont assailli des camions sur la rocade qui dessert le port, un scénario habituel mais de plus en plus massif et violent. Les bagarres se sont ensuite poursuivies les jours suivants, et ont éclaté dans le centre-ville mercredi. Le soir même, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé l’envoi de 100 gendarmes en renfort des forces de l’ordre dépassées, dont 30 pour sécuriser le centre-ville.

Une situation chaotique qui exaspère riverains et chauffeurs routiers dont un nombre croissant refusent désormais de se rendre en Angleterre : camions et marchandises dégradés, amende de 2.500 euros par clandestin découvert à la douane sont autant de raisons dissuasives de s’y risquer. Commerçants et policiers ont d’ailleurs défilé le 13 octobre dernier pour réclamer plus de sécurité. Faut-il s’offusquer ensuite que le FN ait obtenu, à Calais, 31 % des voix aux élections européennes de 2014 ?

Le 2 septembre, la création d’un nouveau centre d’accueil y a été autorisée. Une mesure qui équivaut à mettre un petit pansement pour juguler une hémorragie et est symptomatique de la politique d’ menée depuis des années. Se bornant à critiquer les mesures du gouvernement précédent, les décisionnaires sont incapables d’assumer la dramatique réalité et de prendre des mesures de fond. Dans quel chaos faudra-t-il être plongé pour que le problème soit enfin vraiment traité ?

25 octobre 2014

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