Economie - Editoriaux - Politique - Théâtre - 26 mars 2017

Comment M. Macron va taxer encore plus les classes moyennes

M. Macron s’est fait siffler lors de l’assemblée des maires de France : une bronca qui traduisait le refus profond, tous édiles confondus, de la proposition phare du candidat d’En Marche!, mais les élus n’ont pas ébranlé le futur vainqueur de la présidentielle (sauf coup de théâtre improbable : seule une révélation de dernière minute peut, désormais, empêcher l’ancien ministre de l’Économie de s’asseoir dans le fauteuil de François Hollande, mais s’il existait quelque chose de vraiment compromettant, on en aurait déjà parlé depuis longtemps !). Il veut exonérer les contribuables de taxe d’habitation à partir de 20.000 € de revenus par part, soit 2.400 € mensuels pour un couple avec deux enfants dont les deux conjoints travaillent, 1.600 € s’il n’y a pas d’enfant. Il paraît qu’alors, 80 % d’entre nous ne paieraient plus cet impôt, au lieu de 20 % actuellement. Mais, à mon avis, le taux d’exemptés sera bien moindre!

M. Macron jure, la main sur le cœur, que l’État compensera le trou creusé dans les finances locales. Malheureusement, les précédents (part de la taxe d’habitation réservée à la région, dévolution du RSA aux départements) permettent d’en douter ! M. Macron chiffre à 10 milliards la baisse de revenus (sur 19,7 milliards), mais il demande (coïncidence étonnante !) 10 milliards d’économies aux collectivités locales. Est-ce à dire qu’il n’y aura aucun transfert ? À mon sens, sa main gauche reprendra ce que sa droite donnera ! Que feront nos élus ? En partie, des économies, mais on atteint vite certaines limites, même s’il y a encore de la marge dans bien des collectivités. On ne peut guère aller plus loin, sauf à supprimer la garantie d’emploi à vie des fonctionnaires locaux et à permettre des licenciements massifs, ce qui est impensable politiquement. La taxe foncière sera donc portée au maximum. Jusqu’à être doublée ? Les édiles ne pourront pas procéder de même avec la taxe d’habitation pour tondre les derniers (riches ?) qui l’acquitteront, car M. Macron a prévu une mesure assez perverse. Il va figer la compensation promise au niveau des taux de 2016. Gare au maire qui augmentera ces derniers, car il ferait rentrer à nouveau dans le champ de l’impôt nombre des ménages qui ont été exonérés. Cela serait, pour lui, le plus sûr moyen de perdre les futures élections !

M. Macron ne s’en cache pas, il souhaite taxer la rente immobilière. L’assiette de l’ISF ne portera plus que sur ce type de biens et, comme ce prélèvement doit encore rapporter deux milliards, on risque fort, après 2018, d’être soumis à l’impôt sur la fortune si on possède une résidence principale de 400.000 € et une secondaire de 120.000 € ! En outre, M. Macron dément avec force vouloir taxer les loyers fictifs des propriétaires occupants, mais M. Pisani, qui sera sans doute ministre en juin, était le chef de France Stratégie, organisme paragouvernemental qui préconisait cette mesure (inique !). Qui, à l’avenir, va encore investir pour loger des locataires ou même s’acheter son propre logement ?

À lire aussi

La France est en faillite théorique depuis le 12 novembre

Emmanuel Macron fait comme tous les cancres : il remet en cause la notation. …