Parmi le florilège de phobies récemment diagnostiquées chez nos compatriotes occidentaux, il en est une dont on n’entend jamais parler : il s’agit de la hoplophobie. Pourtant une des plus répandues.

Ce terme issu du grec ancien hóplon (« arme ») et phóbos (« peur ») a été imaginé en 1962 par le colonel Jeff Cooper, spécialiste en armes à feu et écrivain, et sert, vous l’aurez compris, à caractériser la peur des armes à feu.

Ronald Noble, le secrétaire général d’Interpol, déclarait en 2013 que le port d’arme citoyen était la meilleure solution pour lutter contre les attentats. Quand bien même ses propos fussent vieux de trois ans, compte tenu des récents et dramatiques événements, il est fort peu probable que son opinion ait bougé d’un iota.

En effet, comme en attestent les dernières attaques, malgré le travail acharné des services de renseignement, il est extrêmement difficile de déceler un terroriste avant qu’il passe à l’action, tant les profils potentiels sont nombreux. De plus, et en dépit du travail remarquable de nos forces de l’ordre, il est quasiment impossible de stopper une attaque avant que de nombreuses victimes soient à déplorer.

Alexis de Tocqueville disait : « Les Français comptent toujours, pour se sauver, en un pouvoir qu’ils détestent, mais se sauver par eux-mêmes est la dernière chose à laquelle ils pensent. » Usons des conseils de ce grand penseur du XIXe siècle. Comptons en priorité sur nous-mêmes.

Doit-on rappeler que la tuerie du Bataclan a été en partie perturbée, et un assaillant éliminé grâce à l’arrivée et l’intervention — sans attendre les renforts — d’un commissaire de police accompagné d’un de ses agents ? Les questions sous-jacentes sont les suivantes : combien de victimes auraient eu la vie sauve si, sur les 1.500 personnes présentes, seulement 1 % d’entre elles avaient été armées ? Ces assassins auraient-ils même osé s’en prendre à une foule en capacité de riposter ?

Il faut être clair : avec quelques milliers d’euros en poche, en France, il est relativement aisé de se procurer un fusil d’assaut ou une arme de poing en provenance des Balkans. Dans le contexte actuel, et avec les milliers d’armes de guerre provenant de l’ex-Yougoslavie qui inondent le marché parallèle français, le contrôle des armes ne prévaut que pour ceux qui respectent la loi.

Je sens poindre les détracteurs citant l’exemple peu glorieux des États-Unis. Il ne s’agit pas, ici, de délivrer des armes de guerre en libre-service en grandes surfaces, bien entendu. Il s’agit d’équiper une faible partie de la population, volontaire, triée sur le volet et formée au maniement des armes.

La plus grande angoisse du djihadiste n’est pas d’être tué, mais de l’être via la main d’une femme. Selon eux, dans ces conditions, point de paradis, point de vierge, mais les flammes de l’enfer aux cotés des mécréants. Faisons changer la peur de camp et mettons en marche la machine à dissuasion. Armons en priorité les femmes ! Peut-être moins enclines à en faire mauvais usage.

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