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Coronavirus - Editoriaux - Environnement - 7 avril 2020

L’urgence sanitaire pour Élisabeth Borne : sauver les éoliennes

Le 1er avril, le ministère de la Transition écologique et solidaire publiait un communiqué intitulé « État d’urgence sanitaire : a réuni les acteurs de la filière des énergies renouvelables électriques. » J’ai d’abord cru à une blague du Gorafi, mais il n’en était rien. En pleine crise du Covid-19, tout un lot de mesures en soutien aux projets de production d’énergie renouvelable ont été prises.

Dans la poursuite des objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), près de 300 projets lauréats éoliens et photovoltaïques, pour un volume de plus de 1.700 MW, viennent d’être désignés. En fait, avec l’effondrement du prix des énergies fossiles, les énergies renouvelables risquaient de perdre de leur attrait et les investissements pouvaient commencer à fléchir. Pour le gouvernement, il était donc extrêmement urgent de conserver le prix d’achat du solaire photovoltaïque, d’adapter les calendriers ou d’accorder des délais.

L’énergéticien et blogueur Jean-Marc Jancovici a chiffré le coût de ces mesures entre 1,5 et 2 milliards d’euros – rien que ça ! Alors que le gouvernement se plaint de n’avoir pas pu acheter de masques aux Chinois pour cause de surenchère américaine sur le prix à payer, alors qu’aucun test de dépistage massif n’est encore mis en place pour sortir la population du confinement, nous pouvons être fiers : les éoliennes sont sauvées, elles vont pouvoir se multiplier !

Rappelons, également, que les centrales nucléaires suffiraient à assurer l’alimentation énergétique du pays, que la production d’énergie éolienne n’est garantie qu’un jour sur cinq dans l’année, que les investisseurs, étrangers pour la plupart, bénéficient de tarifs d’achat du MWh exceptionnels, leur garantissant des rentabilités de l’ordre de 12 % selon la FED (Fédération environnement durable).

Cette générosité vient de la CSPE (contribution au service public de l’électricité) qui est prélevée sur nos factures d’électricité et de diverses taxes, dont une importante sur les carburants. Combien de lits de réanimation, qui nous manquent tant en ce moment, ou de personnels hospitaliers aurait-on pu financer avec ces fonds ?

Dans le même temps, selon un article de L’Express, durant la dernière semaine de mars, la perte d’activité était de -89 % dans la construction, -52 % dans l’industrie ou -36 % dans les services marchands. Le gouvernement sera-t-il aussi prévenant et généreux avec les entreprises en difficulté dans ces secteurs d’activité qu’il l’a été avec les lobbies des renouvelables et ceux des écologistes ? Aura-t-il encore les moyens d’éviter les faillites des petites entreprises consécutives au confinement ?

Avec ce sauvetage de la filière des énergies renouvelables, on peut se poser la question de savoir s’il y a encore un pilote dans l’avion ou si ce pilote n’a pas perdu la tête. Le fait est qu’il est resté figé dans le monde d’avant où la priorité était de sauver la planète, l’Homme n’étant pas une espèce vivante comme les autres mais la pire de toutes.

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