L’UE suspend l’importation de viande du Brésil : le Mercosur au cœur d’un scandale sanitaire
Deux jours après le rejet, par les Islandais, d’une reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne, Ursula von der Leyen fait face à un nouveau camouflet. La nouvelle est tombée le 31 août, dans la soirée : l’UE a décidé de suspendre, sine die, toute importation de bœuf en provenance du Brésil. La mesure entrera en vigueur jeudi 3 septembre. Elle pourrait s’étendre aux volailles (et à leurs œufs) ainsi qu’au miel, si les audits en cours les concernant, attendus pour vendredi, s’avéraient négatifs. Suspectés de ne pas respecter les règles sanitaires en vigueur dans l’UE, les producteurs brésiliens concernés mettraient notamment sur le marché des produits contenant des antibiotiques.
Salmonelle dans les poulets en Grèce
Cette décision n’a, pour l’instant, pas été commentée par Ursula von der Leyen. « Le Brésil est un partenaire important de l’UE et nous travaillons étroitement, de manière constructive et positive, avec les autorités brésiliennes afin d'assurer leur conformité à ces exigences », a expliqué le porte-parole de l’Union européenne pour qui, une fois « cette conformité démontrée, les exportations vers l'UE pourront reprendre ».
Si aucun délai n’a été donné quant à une reprise possible des importations, il pourrait se limiter à quelques semaines concernant les volailles, mais s’annonce plus long pour le bœuf.
Inquiète du non-respect de règles sanitaires, l'Union européenne suspend les importations de viande venues du Brésil (le pays était le deuxième exportateur de bovins vers l'UE en 2025)https://t.co/i5VKDYLyEs
— BFM Business (@bfmbusiness) September 1, 2026
Cette suspension n’est pas en soi surprenante, et c’est même son intervention tardive qui étonne. Car l’affaire n’est pas nouvelle. En novembre 2025, la Commission européenne avait déjà dû se résoudre à ordonner le retrait du commerce de détail et l’interdiction à la vente de lots de viande de bœuf commercialisés par le géant brésilien JBS. Le ministère de l’Agriculture brésilien avait envoyé des avis au Service d’inspection des produits d’origine animale (SIPOA) à Campo Grande (d’où provenaient les lots) pour l’informer que l’Italie, les Pays-Bas et l’Espagne avaient fait part de leurs soupçons sur la qualité des viandes.
Pourtant, début 2026, Ursula von der Leyen décidait d’appliquer l’accord UE-Mercosur, signé le 17 janvier malgré l’opposition de plusieurs pays dont la France. Elle passait, alors, outre les nombreuses oppositions et mises en garde venant des États, des eurodéputés (qui avaient voté le dépôt d’un recours contre l’accord) et de nombreux Européens, 94 % des Français s’y opposant. L’accord est donc officiellement entré en application provisoire le 1er mai.
L’étrange lenteur de Bruxelles
Contactée par BV, Véronique Le Floch, ancienne présidente de la Coordination rurale, se souvient que dès « le 8 mai 2026, l’eurodéputée polonaise Jadwiga Wiśniewska (du groupe Conservateurs et Réformistes européens, ECR) interpellait la Commission européenne avec une question écrite faisant état de découverte de salmonelle dans 80 % des échantillons testés sur un lot de trois tonnes de volaille brésilienne ». L’élue demandait comment, dans ce contexte, Bruxelles comptait « garantir la sécurité sanitaire des citoyens de l'UE face à l'augmentation des importations alimentaires en provenance des pays du Mercosur », si une suspension des importations brésiliennes était prévue, et se demandait pourquoi la Commission faisait pression « pour la libéralisation du commerce avec des pays qui ne respectent pas les normes sanitaires de l'UE, mettant en danger les consommateurs européens tout en sapant la compétitivité des agriculteurs de l'UE ».
Or, rappelle Véronique Le Floch, Bruxelles n’a répondu que le 10 juillet, éludant les questions posées et se contentant de vanter la qualité des contrôles sanitaires de l’UE, « les plus stricts au monde ». Mais, stricts ou pas, Bruxelles ne brille cependant pas par sa rapidité, puisque quatre mois se sont écoulés entre l’interpellation par l’eurodéputée polonaise et la suspension des importations. Et l’UE ne fait, finalement, qu’emboîter le pas de la Chine. L’agence Reuters dévoilait déjà, fin mai dernier, la décision de Pékin de suspendre l’importation de bœuf brésilien venant d’un site JBS, après détection de progestérone (une hormone de croissance) dans les lots contrôlés.
En réalité, tout le monde savait depuis bien longtemps que les producteurs brésiliens de viande en général, et le groupe JBS en particulier, prenaient des libertés avec les règles sanitaires européennes. Début juin, BV alertait, d’ailleurs, sur la réputation sulfureuse du numéro un de la viande brésilienne, le groupe JBS.
Le sulfureux groupe JBS reçu par Emmanuel Macron
Comment expliquer que les frères Batista, dirigeants tout-puissants du cartel JBS, aient été reçus comme des chefs d’État à l’Élysée, en novembre 2025 ? Comment expliquer, depuis, l’acharnement d’Ursula von der Leyen à imposer aux forceps un accord avec le Mercosur, par ailleurs d’autant moins urgent que les producteurs de viande des États européens, et notamment en France, ont largement les moyens d’assurer l’autosuffisance de l’UE pour nourrir les Européens ?
Une forte cécité semble décidément avoir atteint les décideurs - la présidente de la Commission européenne au premier chef. Cet aveuglement est-il le signe d’une incompétence ou d’une stratégie volontaire ? Véronique Le Floch penche pour la seconde option, estimant qu’Ursula von der Leyen « s’accroche, à contre-courant de l’Histoire telle qu’elle est en train d’évoluer, à un schéma mondialiste au sein duquel on segmente le monde en régions économiques spécialisées. Et dans ce schéma, la viande vient du continent américain, comme le pétrole vient des émirats. »
Le scandale sanitaire, qui aboutit aujourd’hui à une suspension, va-t-il pour autant conduire à une remise en cause de l’accord UE-Mercosur dans son ensemble ? Rien n’est gagné d’avance, la cécité bruxelloise étant encouragée par l’inconscience (le plus souvent intéressée) de nombreux pays européens, toujours prompts à sauver le soldat von der Leyen, contre vents et marées…
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75 commentaires
Silence radio de la part de Bruxelles et de Mme Van der Leyen en particulier. Vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre !…
Les suites des conneries de Vdl d’avoir signée le Mercopassur avec la bénédiction de Macron qui faisait croire le contraire et surtout pour protéger les intérêts de l’Allemagne. Bravo les nuls !!!!
Malgré tous les scandales et l’autoritaire VDL, pas de motion de censure, ils sont toujours en place !
Attention, enfumage en vue! Il est totalement impossible pour l’UE de s’assurer des normes réelles d’élevage en Amérique du Sud. C’est trop coûteux et il n’y a pas l’armée de fonctionnaires nécessaire pour se rendre sur place aux frais des citoyens européens. C’est donc sur un bout de papier toilettes que les éleveurs Brésiliens s’engageront sur l’honneur à respecter les règles du MERCOSUR. Et qui fera semblant d’y croire à votre avis?
“Comment expliquer que les frères Batista, dirigeants tout-puissants du cartel JBS, aient été reçus comme des chefs d’État à l’Élysée en novembre 2025 ?”
Tout comme la France a reçu l’Egyptien Abdel Fattah al Sissi, Vladimir Poutine ou le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane qui n’aime pas trop les journalistes dissidents, sauf s’ils sont en plusieurs morceaux.
Macron n’est pas seulement un Mozart de la finance, c’est aussi un Beethoven de la diplomatie ! Encore pour 8 longs mois.
Voilà ce qui arrive quand » on met la charrue avant les bœufs » …. Dans un autre langage on appelle ça du crétinisme congénital …………….. Cette Von der Layen est un poison pour les nations ,et en plus ce n’est pas une élue , c’est une nommée !!!! Allez comprendre .
Tout à fait d’accord
Je dirais que nous sommes face aux conséquences d’une conjugaison de l’incompétence et de la stratégie volontaire et meurtrière ( économiquement ) d’UVDL et de ses serviteurs à l’image de Macron
Tout ça pour ça ! Et ils découvrent seulement maintenant tout ce que les opposants au Mercosur leur avaient dit et répété pendant des mois ?? Ils comprennent vite, mais faut leur expliquer longtemps !
Un scandale ? comme c’est étrange ! Et ce ne sera pas le dernier; C’est finalement une bonne nouvelle pour nos agriculteurs car j’espère que ce traité est résiliable et les consommateurs peuvent aussi boycotter la viande qui n’est pas produite en France. C’est ce que je fais.
Comment contrôler la provenance d’une viande? ….. Les étiquettes ça s’imprime et ça se change. Les emballages sont très faciles à changer. Il n’y a pas plus aveugle qu’un voyant fermant les paupières!
Encore une grande réussite à mettre à l’actif de l4Europe de Bruxelles et à la soumission à Mme von der Leyen .
De la com…encore de la com …rien que de la com !FREXIT !! et vite pour notre santé ,pour notre niveau de vie ,pour notre sécurité ! La france est devenue un pays de niais
Le sous-titre de cet article est à revoir : ce qui pourrait fragiliser Ursula von der Leyen n’est pas la décision européenne de suspendre (jusqu’à nouvel ordre) l’importation de viandes brésiliennes mais la lenteur de la prise de décision après la découverte de non-conformité à nos règles sanitaires. Un délai plus court aurait été rassurant quant à la bonne application du traité du Mercosur. Il conviendrait que nos autorités sanitaires européennes soient plus « réactives » …
Il est grand temps que cette brave dame nous laisse tranquils et qu’elle va s’occuper de ses 7 enfants. Le mari c’est fait Sa societe a recuperee un don de 320 millions de Euro moyennat une place sur le board…… Il est grand temps qu’elle se retire Mais elle en a jamais assez de detruire l’Europe, Sa re-election a ete une farce et elle continue a detruire l’economie, l’agriculture et l’indistrie Europeenne . Mercusur c’est deja un Cancer avant que nous avons commence. On le savait d’avance, mais Madame se promene toute seule les pays Sud Americains pour signer des contracts inimaginable et qui nous mettent en danger.
C’est cette femme qui a tritée toute seule ce traité alors qu’elle n’était pas mandatée par la commission de UE il faut sortir de cette UE si nous voulons être libre .
Dés le début des négociations avec le Mercosur , les associations , les agriculteurs pointaient du doigt les problèmes sanitaire dans l’agriculture d’Amérique du sud de la cote Atlantique ou les règles sanitaire et environnemental n’étaient pas respecter , « l’impératrice » a imposer ce traité et voila qu’elle ce prend un retour de bâton magistral ; il est temps qu’elle disparaisse de la direction de l’Europe.
Consommons uniquement Français pour soutenir notre agriculture.
Comme si on ne le savait pas, mais la ficelle est grosse. Je parie que, maintenant, le Brésil va suspendre l’importation de volkswagen sous prétexte qu »elles ne respectent pas les normes brésiliennes (comme ont fait les EU avec Perrier ou Nestlé.)