Ce n’est pas une guerre à l’œil, si je puis me permettre cette « vanne » (nous sommes désormais entrés dans l’ère des « vannes », des « petites blagues »). Cette guerre a coûté près de 400 millions d’euros à l’assurance maladie en 2012 et sans doute autant en 2013… Voilà un médicament signé Roche-Novartis (fabriqué par Roche, distribué par Novartis), qui est utilisé avec bonheur contre la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge), donc affectant la vision. Ses ventes sont passées en quelques années de 182.413 unités à 512.000 et des poussières. Un vrai boom ! Depuis sa mise sur le marché, le Lucentis est devenu le premier poste de dépenses de médicaments en médecine de ville. Une vraie machine à sous.

Pourquoi pas ? Sauf qu’un autre médicament moins coûteux, l’Avastin, un anticancéreux propriété de Roche, n’est pas autorisé pour cette affection (alors que ses effets sont voisins en ophtalmologie), donc pas remboursé par la Sécu. Il ne s’agit même pas d’une guerre de laboratoire : Roche et Novartis sont liés, l’un est actionnaire de l’autre. Cela s’appelle une position hégémonique et une volonté de faire la loi au-dessus de la loi.

Car figurez-vous, cher contribuable, qu’un dispositif dérogatoire a été voté qui autoriserait l’usage de l’Avastin dans les cas de traitement de la DMLA, contre la volonté de Roche. Oui, mais voilà : le décret d’application n’est pas paru… Sans doute un hasard ! Un hasard qui permet à Roche-Novartis de gagner un max avec Lucentis alors qu’avec l’Avastin de Roche, le chiffre d’affaires serait moindre !

Mieux : un labo allemand reconditionne en seringues les flacons d’Avastin : Roche saisit la Cour européenne pour concurrence déloyale. La Cour donne raison au labo allemand.

Bref, le député PS Gérard Bapt estime que l’assurance maladie pourrait faire une économie de 200 millions si les labos Roche-Novartis « copains-coquins » ne faisaient pas la loi au gouvernement.

Vivement que la gauche revienne, ça donnerait du vrai grain à moudre à la droite !

Partager

À lire aussi

Et ils n’ont rien trouvé d’autre que le bureau de Delanoë ?

Manquent plus que Mme Dati et la famille Tibéri pour reconstituer la ligue dissoute et pro…