Culture - Editoriaux - Religion - 11 août 2016

Lourdes : “Faire de toutes les nations des disciples”

Est-ce le thème de la procession paroissiale qui a poussé le préfet des Hautes-Pyrénées à refuser aux 500 paroissiens de Lourdes de parcourir la ville alors qu’il autorise les 25.000 pèlerins à se rassembler à l’intérieur de la basilique ?

Tous les ans, le 15 août, en effet, Lourdes célèbre la conversion au catholicisme de l’émir Mirat-Mourad qui, en l’an 778, accepta de se rendre non à Charlemagne mais à la Vierge Marie en donnant à la ville le nom arabe de Warda qui deviendra Louarda puis Lourdes.

Autant dire que les musulmans dits radicaux à qui s’adresseront les prières de conversion au Christ peuvent se sentir provoqués et réagir à leur façon.

 Cette demande de conversion des musulmans est exceptionnelle. L’Église, et plus spécialement la nôtre, est très timide lorsqu’il s’agit de convertir. Les exemples sont multiples de prêtres refusant le baptême à un musulman venu frapper à la porte du presbytère. « Mais, mon fils, pourquoi quitter votre religion, n’est-ce pas le même Dieu que nous adorons ? Restez fidèle à l’islam, et tout ira bien. »

L’exemple le plus connu est celui de Joseph Fadelle qui, dans son livre, Le Prix à payer, raconte le calvaire qu’il a vécu jusqu’à sa conversion. Refus de l’Église irakienne, rejet de toute sa famille. Il fallait qu’il ait une foi solide pour réussir à trouver un prêtre qui veuille bien le mener jusqu’au baptême, après plusieurs années de lutte. L’abbé Guy Pagès, que nos lecteurs connaissent bien, peut donner de multiples exemples d’enfants et d’adultes voulant connaître le Christ malgré le rejet familial et le peu d’entrain du clergé local.

Nos évêques les premiers sont très timorés dès lors qu’il s’agit de convertir au christianisme un français musulman. De peur de choquer les autorités mahométanes ou de peur de représailles physiques, peut-être aussi. Le pape François lui-même, à plusieurs reprises, dans ses discussions avec les musulmans ou le grand iman de l’université d’Al-Azhar du Caire, n’a jamais voulu affirmer qu’Allah ne pouvait être Dieu et que Mahomet n’était pas son prophète.

C’est là, pourtant, me semble-t-il, le b.a.-ba du catholicisme instauré par le Christ. Le Christ n’a-t-il pas demandé à ses apôtres d’« aller et de faire de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » ? La première mission de notre pape, de ses 5.100 évêques et de ses 412.000 prêtres n’est-elle pas, après avoir pris soin de l’âme de 1,2 milliard de catholiques, de convertir ceux qui sont dans “l’erreur absolue”, selon le dogme de l’Église de Rome ? Et, en premier lieu, nos frères musulmans pour qui Jésus-Christ n’est qu’un prophète et pour qui proférer qu’il est fils de Dieu, et Dieu, est un sacrilège punissable de mort.

Jean-Yves Le Gallou, dans son excellent livre Immigration : la catastrophe, rappelle que les écoles privées catholiques se refusent un quelconque prosélytisme envers les élèves musulmans, et qu’en cas de mariage entre musulman et catholique, l’Église de France accepte sans protester la conversion systématique car obligatoire de ses fidèles à l’islam.

Bien souvent, l’Église catholique se soumet aux exigences de l’islam, dont le mot en arabe se traduit par soumission. Pourtant, si l’on veut que les musulmans s’intègrent à la patrie française, s’assimilent à sa culture, y a-t-il meilleure solution que d’en adopter sa religion ? Ce sera peut-être le nouveau miracle de Lourdes. Lorsque les cloches de toutes les églises de France sonneront à l’unisson, le 15 août, souhaitons que leur tintement éveille la foi de nos banlieues.

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