Les fâcheries d’idéologie en place nous proposent un bal (tout sauf populaire) qu’il serait bon de regarder par le prisme de l’œuvre de Louis-Ferdinand Céline.

Avec sa « vocation de l’Apocalypse », comme l’a défini Michel Audiard, Louis-Ferdinand Céline avait analysé à son époque les rouages de la d’entre-deux-guerres et post-45 avec une finesse qui est plus que jamais d’actualité.

Comme Jospin qui avoua que « tout antifascisme n’était que du théâtre », la bourgeoise ne nous offre que des représentations faussées d’avance. Tout cela ne pousse qu’à la société marchande, que l’on soit progressiste ou réactionnaire. Ce sont deux épiciers se fournissant chez le même producteur, la société bourgeoise en place depuis la Révolution française, les élites bancaires menant le bal avec ses champions et ses fausses oppositions.

Louis-Ferdinand écrivit en 1936 Mea Culpa, épinglant la bourgeoise : « Classe plus sournoisement tyrannique, cupide, rapace, tartufière à bloc ! Moralisante et sauteuse ! Impassible et pleurnicharde ! De glace au malheur. Plus inassouvible ? plus morpione en privilèges ? Ça ne se peut pas ! Plus mesquine ? plus anémiante ? plus férue de richesses plus vides ? Enfin pourriture parfaite ».

Écrite après être revenu d’un voyage en Union soviétique, la même œuvre fait un parallèle formidable entre la capitaliste et la société marxiste. « La machine c’est l’infection même. La défaite suprême ! Quel flanc ! Quel bidon ! La machine la mieux stylée n’a jamais délivré personne. Elle abrutit l’Homme plus cruellement et c’est tout ! J’ai été médecin chez Ford, je sais ce que je raconte. Tous les Ford se ressemblent, soviétiques ou non !.. ».

Auteur des fameuses années 30 – époque troublée pour la bourgeoisie en place, qui vacillait sur son trône face à d’autres organisations de société, en fait financées par la grande banque en sous-main – Céline pointait déjà du doigt les incohérences dans son Hommage à Zola en 1933 :

« Nous voici parvenus au bout de vingt siècles de haute civilisation et, cependant, aucun régime ne résisterait à deux mois de vérité. Je veux dire la marxiste aussi bien que nos sociétés bourgeoises et fascistes. »

Toutes les visions politiques de Céline étaient déjà dans le Voyage au bout de la nuit (amputées d’une partie de l’aspect pamphlétaire, triptyque édité juste avant et pendant la Deuxième Guerre mondiale) avec des phrases telles que « Le peuple n’existe pas », « Le prolétaire est un bourgeois qui n’a pas réussi », montrant que si l’argent définit la place de l’homme dans la société, l’existence ne peut ressembler, en effet, qu’à une « Mort à crédit ». « On ne meurt pas de dettes, on meurt de ne plus pouvoir en faire. »

Combien de temps, encore, la bourgeoise nous fera-t-elle mourir pour vivre à crédit ?

29 décembre 2014

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.