Loto du patrimoine 2025 : l’importance de transmettre et de restaurer

Le château de la Fontaine aux Ormes, dans la Vienne, est l'un des exemples de la grande mission du Loto du patrimoine.
loto du patrimoine
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Chaque rentrée culturelle en France apporte son lot d’attentes, mais il en est une qui, depuis quelques années, s’impose comme un rendez-vous aussi symbolique que populaire : l’annonce des monuments retenus pour le Loto du patrimoine. Derrière ce nom, qui évoque d’abord un tirage de grilles et de numéros, se cache une opération d’ampleur nationale lancée en 2018 sous l’impulsion de Stéphane Bern. Le principe est simple : chaque ticket acheté, chaque grille validée contribue à financer, via la Fondation du patrimoine, la sauvegarde de sites historiques en péril. En l’espace de quelques années seulement, ce dispositif a permis de restaurer plus de mille bâtiments, modestes ou majestueux, tout en identifiant près de sept mille sites menacés par l’oubli et l’usure du temps. Aujourd’hui, « plus de 75 % des projets sélectionnés lors des sept premières éditions sont d’ores et déjà sauvés : 290 sont en cours et 440 sont terminés », déclare la Mission Stéphane Bern.

Les monuments retenus en 2025

La sélection de cette année 2025 reflète la diversité et la richesse du patrimoine français. On y retrouve des châteaux, des manoirs, des édifices industriels, des ponts, des jardins, mais aussi une place très importante accordée aux monuments religieux. Près d’un quart des sites choisis sont des églises, abbayes, chapelles ou temples, témoignant de la place centrale qu’occupe le patrimoine spirituel dans notre Histoire nationale.

Les églises isolées dans des bourgs de campagne, les chapelles maritimes dressées face à l’océan ou encore les temples protestants rappellent chacun, à leur manière, la tradition chrétienne qui a façonné notre pays. Les restaurer, c’est ainsi prolonger la vie d’édifices qui ne sont pas seulement des lieux de culte mais aussi des repères culturels et identitaires pour la France.

Les châteaux, autre catégorie abondamment représentée, évoquent quant à eux la pluralité des formes de pouvoir et de résidence aristocratique qui ont jalonné l’Histoire de France. Forteresses médiévales, élégantes demeures de campagne ou manoirs plus confidentiels, chacun de ces édifices est un fragment de notre culture commune.

Le château de la Fontaine aux Ormes

Parmi les cent deux monuments retenus, le château de la Fontaine aux Ormes, dans la Vienne (86), illustre particulièrement bien l’esprit de l’opération. Construit en 1626 par Benjamin d’Aubéri du Maurier, serviteur d’Henri IV et de Louis XIII, ambassadeur en Hollande et figure protestante, le château, entouré de douves, se déploie autour d’une vaste cour ouverte vers l’est, prolongée par une allée bordée de vastes communs. Sur la façade occidentale, un escalier monumental permet de franchir les douves et d’accéder à l’édifice, lui conférant une allure solennelle.

L’ensemble a traversé les siècles, marqué par les guerres et la Révolution, sans pour autant perdre son identité. Vers 1860, sous l’impulsion du marquis d’Aubéri, son apparence Louis XIII fut restaurée et embellie par un architecte du Second Empire. Ce patient travail a permis au château de conserver une grande partie de son élégance d’origine, tout en s’adaptant aux goûts de l’époque.

Toujours propriété des descendants de Benjamin d’Aubéri, le château de la Fontaine aux Ormes fait aujourd’hui l’objet de toute l’attention de ses actuels protecteurs. En effet, le temps faisant son œuvre, l’édifice en tuffeau a besoin de travaux urgents. Sa façade principale est fragilisée, son pont dormant et ses escaliers menacent de s’écrouler, tandis que la toiture et le système d’évacuation des eaux pluviales ont besoin de restaurations. Le coût total de ce chantier est ainsi estimé à 327.000 euros mais ne peut être comblé totalement par Jean-Baptiste de Bony, qui investit déjà 116.000 euros, selon La Nouvelle République.

Pour l’actuel propriétaire, l’aide du Loto du patrimoine est donc essentielle et bien venue. « On est content. On se dit qu'on n'est pas seul à tenter de sauver ces maisons-là », déclare-t-il. Les travaux devraient alors débuter en mars 2026 et permettront non seulement de sauver l’édifice, mais aussi d’ouvrir la demeure au public.

L’histoire du château de la Fontaine aux Ormes illustre ainsi avec force l’ambition du Loto du patrimoine : il ne s’agit pas seulement de sauver des murs mais de redonner souffle à des lieux où l’Histoire s’incarne et où la mémoire se transmet. Les cent deux sites retenus en 2025 forment une fresque éclatée, allant des églises rurales aux forteresses, des ateliers industriels aux demeures aristocratiques. Chacun d’eux est une porte ouverte sur notre passé commun et rappelle l’importance, pour les générations présentes et futures, de préserver et transmettre ce patrimoine si précieux.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art

Vos commentaires

3 commentaires

  1. Les monuments de ce loto du patrimoine auraient intérêt à fonder un contrat d’association avec des chaînes d’hôtels et locations de logements pour initier le principe: « la vie de château pour tous ». Tous ces immeubles furent conçus pour loger plus d’une dizaine de personnes mais n’en abritent plus que la moitié aujourd’hui : il y a donc place pour des locataires qui rêvent de s’offrir un moment féerique et aristocratique. Les châtelains ont tout intérêt à utiliser ces mannes touristiques hôtelières pour entretenir leurs monuments qui font tant d’envieux! Et pour les chaînes hôtelières, voilà un moyen très simple d’introduire ces logements dispersés aux 5 coins de France dans leur liste de chambres exotiques au charme introuvable ailleurs. Qui n’a rêvé d’une nuit sous un baldaquin armorié avec vue sur les jardins du prince à l’abri de murs crénelés et du donjon protecteur de ses fantômes et ses cendrillons? Les monuments ont un coût facile à combler par les petits prix de grands rêves du beau monde qui s’ouvre à tous dans ces écrins majestueux de verdure et fontaine.

  2. C’est beau. L’impulsion de Stéphane Bern un espoir dans cette si belle France en déclin.
    A quant un loto pour nous sauver des ces Francocides, peut être Bardella ou Zemmour. On espère.

  3. Voilà une belle et formidable initiative à l’époque où on brûle des églises d’autres font le mécénat de réparer bravo

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