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Editoriaux - Médias - Politique - 17 janvier 2016

Lorsque la politique se résume à l’émotion

On a tout dit ou presque des affreuses agressions contre les femmes depuis ces vagues migratoires de 2015. On a dit celles de Berlin, de , de Hambourg, de Hanovre, de Düsseldorf, de Bielefeld, de Suède, de Finlande, du Danemark et de France. Ah non ! Pas en France… Des fois, je m’demande si…

On eut Cazeneuve exprimant dignement quel agacement le saisissait que ce sujet révélé au grand public fasse la une des médias. Bien sûr, quelques esprits chagrins auront inondé les réseaux sociaux des sourates, hadith et “mâles-dites” exprimant la justification du viol – sans frein – par les courageux combattants migrateurs…

Mais ce 13 janvier à l’Assemblée, on dit encore plus. On dit du neuf. Si l’on peut dire… On eut une vraie, juste et digne intervention du gouvernement ! Bravo, Monsieur Valls ! Vraiment, vous avez là une éminente représentante de la promotion du beau sexe. Une ardente défenseresse du droit de la femme. Quelle brillante – que dis-je, quelle brillante -, quelle extraordinaire intervention de Mme le secrétaire d’État aux Droits des femmes ! C’est qu’on est dans la haute, là… On frise Zola devant Dreyfus ! On atteint des sommets ! Pensez donc et jugez-en.

Interpellée outrageusement par un simple député de base, Mme Valérie Boyer, rappelant le sort de Jacqueline Sauvage et la grâce présidentielle bien inutilement sollicitée dans un odieux et sot amalgame, récapitulatoire des violences faites aux femmes en cette joyeuse, sympathique et festive année 2015, Mme le secrétaire d’État, prise d’une juste colère, renvoya le député sur son banc d’écolière en classe de français…

Allez… Cessons de rire !

semble n’avoir inventé ni la poudre dont se parent les belles, ni celle explosant en grand boucan au Bataclan, ni même celle qu’on jette aux yeux des électeurs – et ça, c’est quand même un peu dommage pour un politicien… Cette pauvre fille, dans un barguignage inférieur au zéro absolu, indigne et brouillon à l’extrême, où les fautes de syntaxe le disputent aux liaisons oubliées et aux phrases à contre-emploi (cf. “On veut renforcer le crime qu’est le viol”) nous assène que tous, à l’Assemblée, se sont émus. Quel aveu, ma fille ! Quel aveu ! On me pardonnera de ne pas dire Madame… Vous nous dites là la vraie visée de votre “politique”. Son ambition suprême. L’émotion ! “Chacun s’est ému”, dites-vous, et nul ne saurait vous reprocher…

Quel niveau ! Quelle hauteur de vue ! Superbe…

Ben oui, quoi ? Quand on s’est ému, on a fini son boulot ! Qu’attendez-vous de plus ? Vous ne voudriez tout de même pas qu’on prenne des mesures techniques, législatives ou par décret. On s’est ému, vous dis-je ! Ça ne vous suffit pas ? Passez votre chemin !

Abrutissement de la politique. Obscurcissement de l’intelligence ! Et c’est ministre, ou presque, ça, madame ! Hallucinant gouvernement qui ne vit plus que par la haine et ne songe pas le moins du monde à l’action qu’il pourrait. Il n’imagine même plus pouvoir agir… Il ne l’envisage pas !

Terrible !

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