Il faut « avancer sur la modernisation de la famille, le statut du beau-parent, le statut de l’enfant, la co-résidence », affirme clairement Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement. Il ne doit pas y avoir d’opposants « idéologiques » à la loi famille, martèle-t-il. Cette loi, repoussée il y a peu grâce à une belle résistance de l’Entente parlementaire pour la famille, va donc revenir la semaine prochaine, à toute vitesse, devant des députés visiblement désarmés.

Seulement cette fois, plus de faux-semblants. Tellement persuadé de sa victoire, le secrétaire d’État ne cherche plus à prouver l’utilité de sa loi.

Peu importe les milliers de courriers que des pères et des mères alarmés ont adressé à leur député. Peu importe les doutes de nombreuses associations de parents. L’important est d’avancer dans la création de la société nouvelle ; toujours plus vite ; toujours plus loin. La première étape sera donc celle de la création du statut de beau-parent.

Monsieur Le Guen, nouveau commis de cuisine électoraliste au service de messieurs Valls et Hollande, espère ainsi rassurer le seul électorat qui reste peu ou prou fidèle au Président : celui de certains urbains ultra-privilégiés qui ont le temps de rêver à une postmoderne et amorphe. Pourtant, ce texte, à première vue, ne comporte aucune révolution, aucun changement par rapport au droit existant. Il a tout d’un texte hollandais du milieu des années 2010 ; c’est un texte mou, sans saveur. Il se contente accessoirement de rajouter des contraintes juridiques au cœur de la vie familiale, dévoilant ainsi le formidable sens des priorités de ceux qui nous gouvernent.

Toutefois, c’est au détour d’un obscur article 10 que l’on découvre enfin « un mandat d’éducation quotidienne » octroyé au concubin, pacsé ou autre conjoint. L’objectif de monsieur Le Guen se situe donc ici. Dans sa grande originalité, le tente une fois de plus de découper ses fantasmes idéologiques pour les faire passer en pièces détachées, alors que quasiment personne n’en veut. Cette tactique de basse contrebande ne trompe pourtant plus beaucoup de Français. Dans leur grande majorité, ils sont contre ce texte qui ne parvient qu’à raviver des tensions destructrices pour la société française en général et pour les familles en particulier.

Mais qu’importe. Une fois de plus, le préfère se préoccuper des questions qui ne le concernent pas, plutôt que de s’atteler à ses missions prioritaires : la justice, la sécurité et la résorption du chômage.

Hannah Arendt définissait l’idéologie comme « une pensée qui se détache des réalités de l’expérience ». Monsieur Le Guen oublie visiblement que, dans cette histoire, le premier idéologue, c’est lui.

15 juin 2014

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