Culture - Editoriaux - Histoire - Presse - Société - 10 juillet 2014

LMPT et LAVT : gai, marions-les !

Le 1er juillet 2014 aura-t-il été la date faste de la réconciliation entre la Manif Pour Tous et l’Avenir Pour Tous ? Entre Ludovine de La Rochère et Frigide Barjot ?

Toujours est-t-il que sous l’égide de Philippe Brillault, maire du Chesnay et cheville ouvrière l’an dernier de la demande de saisine du Conseil Economique Social et Environnemental contre la loi Taubira, les deux dames se sont rencontrées devant ledit CESE.

L’occasion en a été fournie par le jugement du Tribunal administratif de Paris : arguant de ce qu’un projet de loi en cours de discussion n’empêche pas une telle procédure et que la consultation du premier ministre par le président Delevoye porte atteinte au principe d’impartialité du CESE, il a jugé illégal le rejet de cette saisine signée par 700 000 citoyens majeurs.

Cette victoire est due à la remarquable persévérance de Philippe Brillault qui a refusé de capituler après que ces 700 000 signatures eurent été balayées d’un revers de main par un président du CESE aux ordres de l’exécutif. Le tribunal parisien corrige ainsi un exemplaire déni de démocratie. Il permet de revenir sur les victoires de 2013 et de s’interroger sur la suite d’un mouvement, sans précédent dans notre histoire, dont la division entre Manif Pour Tous et Avenir Pour Tous, en cassant la dynamique enclenchée, risque de signer l’échec définitif.

L’immense espoir né d’un vaste mouvement populaire, joyeux et pacifique va-t-il tourner en eau de boudin sous prétexte que deux stratégies s’opposent entre elles au lieu de s’opposer à leur cible commune ? Ce serait le comble et la disqualification de l’anthropologie qu’elles prétendent l’une et l’autre défendre. Qui osera prendre la responsabilité du suicide de l’espérance que tant de Français ont portée ? Ludovine ? Frigide ?

A propos de stratégie, justement, que vaut-il mieux ? Une Manif Pour Tous qui parle le langage codé de son logiciel catho, strictement inaudible de la plupart de nos contemporains, souvent réfractaires aux vapeurs de sacristie ?

Ou celui de Frigide qui, bien au-delà des bondieusards, a su rassembler les hommes de bonne volonté, de culture sécularisée, qui ont pressenti à travers la loi Taubira le crime possible contre l’humanité ? Quel est l’objectif qui nous est commun ?

Tout simplement mettre la filiation hors d’atteinte des tripatouillages biotechniciens ou législatifs. En posant la bonne question. De quel droit un Etat légifère sur le mariage en remettant en cause sa définition ?

A cette question ludoviniens ou barjotistes apportent la même réponse. Alors, puisque la cible est la même, entendons-nous sur l’objectif essentiel : inscrire dans la constitution le mariage comme union exclusive d’un homme et d’une femme. Le mieux est l’ennemi du bien, dit la vox populi. En bonne anthropologie, le mieux serait de ne pas légiférer sur l’union homosexuelle. Mais trop tard, avec le PACS elle est déjà reconnue.

La constitutionnalisation du mariage est la mesure susceptible de rassembler la majorité de Français imperméables au transhumanisme et autres théories du genre. Cet objectif atteint, nous pourrons entreprendre la restauration de l’ordre simplement humain.

Si ces deux stratégies sont complémentaires, alors il faut d’urgence recoller la porcelaine : Aujourd’hui, à 10 heures au CESE, Frigide rencontre avec Philippe Brillault le président Jean-paul Delevoye : I have a dream…

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