Editoriaux - Livres - Politique - 15 août 2013

Livres de l’été/Les guerres d’Afrique (5/5)

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Durant cet été, Boulevard Voltaire veut mettre à l’honneur des livres qui, nous semble-t-il, sont remarquables pour le constat qu’ils dressent ou les questions qu’ils posent. Des livres dont nous vous avons déjà parlé, pour la plupart.

Nous vous proposerons donc, chaque semaine, du lundi au vendredi, cinq extraits d’un de ces ouvrages. Et pour poursuivre ce voyage dans les meilleurs des essais de ces derniers mois, des morceaux choisis du livre de Bernard Lugan Les guerres d’Afrique : Des origines à nos jours (Éditions du Rocher)

En 1992, la Somalie fut frappée par une grave famine et les ONG qui distribuaient l’aide alimentaire furent prises en otages par les milices. La situation fut à ce point jugée grave que le 27 avril 1992, le Conseil de sécurité de l’ONU, par sa résolution 751, décida l’envoi de 500 Casques bleus dans le cadre de l’ONUSOM I afin de protéger les humanitaires du racket exercé par les chefs de guerre.

La situation empirant, le 3 décembre, le Conseil de sécurité, par sa résolution 794, décida de la création de l’UNITAF (Force d’intervention des Nations unies) placée sous commandement américain et le 9 décembre, dans une mise en scène théâtrale et médiatique, l’opération « Restore Hope » fut déclenchée au nom d’une nouvelle doctrine, l’ingérence humanitaire. Le corps expéditionnaire américain initialement fort de 25.000 hommes fut bientôt porté à 30.000 hommes.

En 1993, les Nations unies prirent le relais des États-Unis. Le 26 mars 1993, par la résolution 814, le Conseil de sécurité créa ainsi l’ONUSOM II et le 4 mai 1993, 28.000 Casques bleus débarquèrent.

Le 5 juin, 23 soldats pakistanais furent tués par les miliciens du « général » Mohamed Farrah Aidid et le 12 juin, un commando américain échoua dans une tentative de représailles contre le chef de guerre somalien. Le 3 octobre, 18 soldats américains furent tués lors de l’échec d’un raid héliporté, toujours contre le « général » Mohamed Farrah Aidid. Le président Clinton annonça alors un prochain retrait militaire.

La bataille de Mogadiscio s’enlisa ensuite, provoquant des centaines de morts côté somalien et plusieurs dizaines dans les rangs des soldats de l’ONU.

Au mois de mars 1994, les derniers soldats américains quittèrent la Somalie. Au même moment, à Nairobi, un accord de réconciliation fut signé entre les deux chefs Hawiyé, le « général » Mohamed Farrah Aidid et Ali Mahdi Mohamed, mais il ne régla rien. À partir du mois d’août, l’anarchie fut même totale, les hommes d’Ali Mahdi contrôlant le nord de Mogadiscio et ceux du « général » Mohamed Farrah Aidid le sud. Le 22 août, 7 Casques bleus indiens furent tués.

Le 28 février 1995, il fallut un nouveau débarquement baptisé opération « Bouclier unifié » pour extraire les soldats de l’ONU devenus otages. L’ONU quittait donc la Somalie sur un cuisant désastre politique et militaire qui lui avait coûté 136 morts et 423 blessés.

Les Somaliens laissés seuls, la guerre reprit de plus belle […].

Le 10 octobre 2004, Abdullahi Yusuf Ahmed, président du Puntland, fut élu président du Gouvernement fédéral de transition (GFT) après d’interminables discussions entre les diverses factions claniques somaliennes. Son « gouvernement » ne pouvant s’installer en Somalie où les milices s’affrontaient à nouveau, il fut contraint de « gouverner » depuis le Kenya.

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