Editoriaux - Livres - People - Politique - 13 août 2013

Livres de l’été/Les guerres d’Afrique (2/5)

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Durant cet été, Boulevard Voltaire veut mettre à l’honneur des livres qui, nous semble-t-il, sont remarquables pour le constat qu’ils dressent ou les questions qu’ils posent. Des livres dont nous vous avons déjà parlé, pour la plupart.

Nous vous proposerons donc, chaque semaine, du lundi au vendredi, cinq extraits d’un de ces ouvrages. Et pour poursuivre ce voyage dans les meilleurs des essais de ces derniers mois, des morceaux choisis du livre de Bernard Lugan Les guerres d’Afrique : Des origines à nos jours (Éditions du Rocher)

Au moment de la déclaration unilatérale d’indépendance, l’armée rhodésienne n’existait pas. Ses seules forces organisées étaient la British South Africa Police et le bataillon Rhodesian Light Infantry. Confrontée à une guérilla de plus en plus puissante, la petite armée rhodésienne devint remarquablement performante. Composée d’appelés blancs et de volontaires noirs, elle développa une étonnante aptitude à la contre-guérilla grâce à sa grande connaissance du terrain et à l’emploi d’éléments légers toujours mobiles et pouvant frapper là où ils n’étaient pas attendus. Certaines de ses unités furent particulièrement performantes, à l’image des Selous Scouts ou des Grey’s Scouts. […]

Durant tout le conflit, le soutien sud-africain au régime blanc rhodésien fut mesuré. Certes, en 1967, la police sud-africaine envoya 2000 hommes pour rendre étanche la frontière avec la Zambie, mais cette intervention servit à Pretoria d’école de contre-insurrection. En 1975, le président Vorster retira ces policiers et il fit pression sur le régime blanc en réduisant son aide. Les conséquences furent dramatiques car, et cela à de nombreuses reprises, les unités rhodésiennes n’eurent que quelques jours de munitions en réserve, ce qui leur interdisait de lancer des opérations dans la durée. Ceci fit dire à Paul Moorcraft (1982) : « Vorster did as much as the guerrilla leader Robert Mugabe to break the Rhodesian fighting spirit” (“Vorster a autant contribué que le chef de guérilla Robert Mugabe à la destruction de la combativité rhodésienne”).

Son “allié” sud-africain n’étant pas totalement fiable, Salisbury se lança dans une politique de production autarcique d’armement et de pièces détachées, ce qui lui permit de sauvegarder son autonomie. Cependant, jusqu’au bout, le problème du carburant fut insoluble ; c’est d’ailleurs parce que l’Afrique du Sud diminua ses livraisons que la Rhodésie fut contrainte de cesser le combat.

La situation changea au mois de septembre 1978 quand P.W. Botha devint Premier ministre. L’Afrique du Sud aida alors de nouveau substantiellement son voisin, notamment en lui envoyant ses hélicoptères. Autre appui important, lors des raids audacieux lancés au Mozambique et en Zambie par les forces rhodésiennes, Pretoria garantit leur sécurité aérienne contre les éventuelles interventions de MiG cubains basés en Angola et au Mozambique.

En 1976, les services rhodésiens ayant appris que les Cubains avaient préparé un plan d’invasion de la Rhodésie, il fut décidé de desserrer l’étau sur le pays. L’armée rhodésienne lança alors des raids de plus en plus profonds et de plus en plus dévastateurs contre les bases de la ZAPU (Zimbabwe African People’s Union) et de la ZIPRA (Zimbabwe People’s Revolutionary Army) installées au Mozambique et en Zambie.

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