Economie - Editoriaux - Environnement - Livres - 2 février 2019

Livre : Transition énergétique, de Bertrand Cassoret

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Transition écologique ou transition énergétique ?

Un des objectifs que Macron s’est fixés concerne ce qu’il appelle la « transition écologique ». Selon lui, il y aurait urgence à passer des énergies fossiles aux énergies renouvelables pour limiter les émissions de CO2 (gaz carbonique) et, de ce fait, le réchauffement climatique ; un réchauffement qui n’existe plus depuis 1998, comme nous l’avons déjà écrit précédemment, ce que le GIEC a fini, d’ailleurs, par admettre.

Cela étant dit, il est certain qu’il va falloir se préoccuper non pas de transition écologique mais de transition énergétique, parce que les sources d’énergie fossiles s’épuisent. Bertrand Cassoret, docteur en génie électrique, ingénieur et enseignant, a fait le point dans un petit ouvrage intitulé Transition énergétique dans lequel il a clairement résumé la problématique énergétique.

L’auteur insiste tout d’abord, et à juste titre, sur le lien très étroit qu’il y a entre énergie et économie, ce qui échappe à la plupart d’entre nous, mais aussi aux économistes, aux journalistes et aux politiciens. Le prix relativement bas des énergies (le prix du pétrole a, tout de même, été multiplié par plus de dix depuis 1973, et ce n’est qu’un début) dissimule le fait que nos économies reposent d’abord sur des sources d’énergie très accessibles et très concentrées. C’est parce que nous avons découvert le charbon, puis le pétrole et le gaz, que nous avons pu édifier des sociétés d’abondance ; sans ces richesses naturelles, les meilleurs ingénieurs et économistes en auraient été incapables. Le problème est que ces richesses s’épuisent très vite, tandis que les besoins augmentent tout aussi vite.

En 2016, la consommation mondiale d’énergie était de 13.276 millions de tep (tonne d’équivalent pétrole) ; il en faudrait 22.500 millions pour que chaque habitant de la planète puisse disposer de 3 tep chaque année (3,7 tep par an en France ; 6,9 aux États-Unis et 17,8 en Islande, un pays où il fait bon vivre malgré la rigueur du climat) ! De la consommation énergétique dépendent la longévité, le niveau scolaire moyen, l’indice de développement humain… et le niveau de vie est directement lié à celui de la consommation d’énergie.

Le problème qui nous est posé est le suivant : par quoi allons-nous remplacer les énergies fossiles ? Par des énergies renouvelables, nous disent certains, mais le problème est que ces dernières sont essentiellement intermittentes, notamment les énergies éolienne et solaire, ce qui pose d’insurmontables problèmes de stockage. Le stockage de deux journées de production d’électricité, en France, nécessiterait l’utilisation de neuf années de production mondiale de lithium, ce qui n’est pas pensable parce que la demande de lithium est énorme et croît de manière exponentielle.
Il faudrait, pour l’ensemble des pays riches, près de deux siècles de production de lithium pour satisfaire les besoins de stockage d’électricité liés à l’utilisation des énergies intermittentes, et les réserves sont insuffisantes pour satisfaire tous les besoins ! Quant au stockage hydraulique, l’ingénieur Jean-Marc Jancovici a calculé qu’il provoquerait une multiplication par dix du prix de l’électricité, sous réserve de pouvoir être réalisé, ce qui n’est pas le cas en France (tous les sites sont déjà utilisés).

Comme nous l’avions mentionné ici même le 30 décembre dernier, le GIEC a écrit, dans son rapport intermédiaire du 6 octobre 2018, qu’il est impossible d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz carbonique (nous dirions, nous, de réduction de consommation des hydrocarbures et du charbon, lesquels sont en voie d’épuisement) sans une utilisation massive du nucléaire ! Le 28 janvier, le ministre de l’Écologie, François de Rugy, a déclaré que le nucléaire est une énergie propre puisque n’émettant que très peu de CO2 ! Il y a quelques mois encore, il plaidait pour la suppression du nucléaire ! Macron va-t-il revenir sur sa politique de réduction de notre capacité de production d’énergie nucléaire ?

En tout cas, cet ouvrage a le mérite d’alimenter le débat en dehors de toute idéologie.

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