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Alors que l’Union européenne est secouée par de multiples problèmes financiers et d’endettements sans cesse croissants (Grèce, Italie), le président Hollande propose de créer un gouvernement économique de la zone euro doublé de l’instauration d’un Parlement démocratique chargé de veiller à la bonne gestion de l’ensemble. Outre les difficultés immenses pour s’accorder sur la répartition des rôles et de la doxa à suivre parmi les membres de l’oligarchie européiste (en particulier l’Allemagne), une telle évolution conduirait à la disparition complète des souverainetés nationales. Cette bascule ne semble pas effrayer les dirigeants politiques français issus des partis traditionnels.

Face à une telle évolution, la lecture du livre d’Aristide Leucate, La dans la nation, se révèle être fort à propos.

En effet, l’auteur fait d’abord un constat des lieux. Les défenseurs officiels de la souveraineté française (Debout la , de Nicolas Dupont-Aignan, Mouvement pour la France, SIEL, fondé par Paul-Marie Coûteaux) obtiennent des scores ridiculement bas et ne s’enracinent pas dans le paysage politique. Cette situation résulte d’une inadaptation du concept de « souverainisme » incapable de combattre l’idéologie mondialiste et l’inversion des valeurs. Pour Aristide Leucate, la véritable référence repose sur l’idée de nationalisme et de défense de la patrie : le patriotisme.

Cette distinction entre ces concepts est primordiale. Le patriotisme se nourrit du principe d’enracinement propre à la civilisation du pays et à ses valeurs traditionnelles. Celles-ci se doivent d’être transmises aux générations suivantes. On peut être souverainiste, c’est-à-dire défendre l’indépendance de la France, sans pour autant promouvoir des valeurs classiques d’une nation comme le respect de la famille traditionnelle ou encore la mise en forme d’un système éducatif chargé de transmettre la substance propre d’une civilisation (dans le cas français, l’héritage gréco-romain et catholique). Le non-respect de ces structures classiques et hiérarchisées (familles traditionnelles, provinces, patrie, héritage civilisationnel à transmettre) interdit une véritable politique d’indépendance de la France parce qu’elle est appelée à se dissoudre à plus ou moins long terme.

Pour l’auteur, le principe du souverainisme lié à l’idéologie de 1789 est un concept éthéré. Selon les vues d’Aristide Leucate, la véritable souveraineté s’incarne, d’abord et avant tout, dans le peuple comme communauté organique : “La souveraineté est dans le peuple qui en est l’incarnation absolue. Elle est même le peuple en ce qu’elle fonde son . Ici, il n’est pas exagéré de dire que l’essence d’un peuple précède l’existence de la souveraineté […]. Dès lors, la souveraineté est foncièrement d’ordre ontologique. Le peuple est donc un être pleinement politique en ce qu’il est LE politique comme dessein et comme destin.”

Après avoir rappelé les concepts de souveraineté dans son histoire, sa science juridique et ses rapports avec le nationalisme qui est, selon l’expression de l’auteur, “la souveraineté dans la nation”, Aristide Leucate souligne avec raison que ce nationalisme n’a rien à voir avec les guerres du XXe siècle. Ce sont, en effet, des logiques et des rivalités d’ambitions entre des empires qui ont ensanglanté la planète. Les volontés de contrôle du continent européen par l’Allemagne au cours des deux guerres mondiales, la mainmise anglo-américaine sur l’ depuis 1945 en opposition farouche avec un autre empire, l’Union économique eurasienne de ne sont que des rivalités impériales conduisant aux guerres. Bref, l’ouvrage d’Aristide Leucate permet de distinguer différents concepts, apparemment proches, mais aux conséquences opposées.

25 juillet 2015

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