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En Syrie, la disposait d’atouts diplomatiques non négligeables, d’une bonne connaissance du dossier régional et d’une tradition ancienne de résolution des conflits. À cela, il faut ajouter une réputation de mesure et de capacité à dialoguer avec tous. Tout cela a volé en éclats.

À l’occasion de la crise syrienne, la France a donné le spectacle de l’improvisation, de la démesure, d’une diplomatie de cow-boys, à tel point que l’on peut se demander si le néoconservatisme de l’Hudson Institute n’a pas fait des émules sur les rives de la Seine.

Il faudra du temps pour se remettre de cette séquence. La France peinera à retrouver une voix audible dans le monde arabe et même plus largement dans un monde où l’”Occident” n’a plus la même signification ni les mêmes atouts. Dans ce nouvel ordre international, les relations entre les nations auront massivement besoin d’équilibre, de mesure, de concessions et de souveraineté. À vouloir contenter ses alliés du Golfe sur toute la ligne, la France s’est attiré la méfiance des pays émergents comme la Russie ou la Chine, mais aussi le Brésil ou l’ du Sud. Pays qui sont avides de reconnaissance et arc-boutés sur leurs souverainetés.

Paradoxalement, alors que les États-Unis ont compris la nécessité de “réduire leur empreinte”, les gesticulations françaises n’ont fait qu’aggraver le fossé entre un discours universaliste de moins en moins performant et les réalités très prosaïques qui président aux rapports de forces mondiaux. De telles incohérences ne sont pas à rechercher dans nos forces militaires ou dans les services de renseignement. Elles sont imputables à la grande majorité des hommes qui composent notre personnel politique, pour qui les questions stratégiques sont subalternes, ou pensées selon le temps court de l’électoralisme. Le maniement de l’émotion, la manipulation des postures régaliennes et les envolées martiales sont devenus le cache-sexe d’une politique indigente, menée par des hommes que fondamentalement ces questions n’intéressent pas.

Loin de proposer des solutions toutes faites, cet essai souhaite participer à une réflexion plus globale. Un redéploiement théorique semble nécessaire pour que la France retrouve le chemin de la puissance qui passe par un renouveau de son influence et de sa crédibilité. Deux choses qui se sont perdues provisoirement dans les sables de Syrie…

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