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Si vis pacem para bellum, si tu veux la paix prépare la guerre, disaient les Anciens.
Un Américain, Nick Turse, journaliste d’investigation, entreprend de mener une enquête sur « les nouvelles armes de l’Empire américain ». Une telle démarche s’avère toujours fort instructive et pleine d’intérêt. Personne ne peut rester indifférent en se glissant dans les arsenaux de la plus grande puissance militaire du monde. Voici donc une invitation à procéder à l’inventaire du diable.

Au cours de celui-ci, le lecteur quelque peu averti par une série d’événements ayant récemment défrayé la chronique journalistique, ne sera pas surpris d’apprendre que des générations de drones planent au dessus de la planète. Certains observent et surveillent ; d’autres exécutent et tuent. Dans des guerres mondialisées contre le terrorisme, les sont de la fiction. Désormais, l’incessant combat entre les forces du bien et les puissances du mal ne connaît aucune limite. Le réalisme s’impose vite sur l’idéalisme. La cyber-guerre menée à coups de robotique et d’informatique se déploie. Les grandes oreilles écoutent. Dans l’ombre, les forces spéciales agissent. Elles enlèvent. Elles interrogent rudement. Elles éliminent des adversaires jugés irrécupérables ou immaîtrisables.

Il faut être pourvu d’une remarquable hypocrisie ou d’une naïveté confondante pour prétendre fermer les yeux sur une réalité où toutes les règles de la morale se trouvent quotidiennement bafouées.

Nick Turse se drape dans l’angélisme. Pour lui, Barack Obama se révèle être un très martial président, menant, sous des propos lénifiants, une implacable guerre contre les mouvements terroristes agissant au nom de l’ et qui se trouvent disséminés de par le monde. Le début du XXIe siècle marque la fin d’une époque. Fini la guerre traditionnelle, gigantesque dévoreuse d’hommes et de matériel. Voici venu le temps de la guerre “propre” ; du moins pour la puissance qui la mène. Au fil des ans, une nouvelle stratégie s’est imposée. Le président des Etats-Unis ne doit plus engager l’armée dans des opérations à l’étranger, sauf lorsque celles-ci sont indispensables à la nationale. Afin de ce faire, il va avoir recours à des supplétifs. Il va former, entretenir et maintenir des armées subalternes pour défendre ses intérêts dans des Etats qui prétendent être soucieux de démocratie.

Voici venu le temps des armées et des services de renseignement privés. On monte à coups de dollars des compagnies gigognes qui font le sale boulot. On crée en des zones obscures des prisons qui n’ont rien de virtuel et où sont menés des interrogatoires musclés.

Le lecteur français, peut-être plus rompu à la internationale que l’auteur lui-même, n’apprend dans ce livre rien de nouveau. Sans être blasé, il a l’impression qu’on enfonce des portes ouvertes. Il peut aussi demeurer indifférent à l’énoncé des sommes extravagantes des investissements militaires américains pour cette politique paraissant emportée par la paranoïa. Voici un regard somme toute ponctuel. On peut certes déplorer pour le contribuable américain une fâcheuse gestion de l’impôt, mais on serait surtout en droit d’attendre une réflexion sur les fonctions régaliennes de l’Etat.

Relevant l’antiaméricanisme qui embrase le monde musulman, Nick Turse explique ce rejet radical par le fait des dommages collatéraux des drones. Manifestement, il n’a jamais mis les pieds en terre d’islam. Il aurait alors compris que cette haine viscérale se nourrit de l’aide inconditionnelle des Etats-Unis à . En ces univers, la pilule des implantations juives en donne la nausée. La guerre sainte est déclarée. Les fondamentalistes musulmans méprisent les Emirats décadents et haïssent l’Occident.

Les nouvelles armes de l’Empire US se trouvent bien impuissantes face à cela. L’ogre américain est peut-être un tigre de papier.

27 mars 2014

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