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À Séville, un inconnu s’introduit nuitamment dans l’église de la Santa Caridad. Cet étrange noctambule meurt assassiné d’un coup de couteau. Il s’écroule au pied d’une peinture, œuvre de Juan de Valdés Leal qui composa en 1672 cette angoissante vanité. Que cherchait donc cet homme dans un face-à-face avec ce tableau où le regard glisse au milieu d’un charnier ? Dans cette lugubre exposition, on distingue diverses figures plus ou moins emblématiques symbolisant l’éternel combat entre les forces du bien et du mal. Le mourant emportera dans la tombe le secret de l’énigme dont ce tableau était censé être l’ultime clé.

Un ancien agent du service de renseignement français, épris d’ésotérisme et de sciences occultes, est contacté par un de ses amis, un flic, qui lui demande de l’aider en lui apportant ses lumières sur cette ténébreuse affaire. La fille d’un très riche bibliophile, qui a consacré toute sa vie à collectionner les ouvrages consacrés à l’hermétisme, vient de porter plainte en affirmant qu’un mince fascicule, considéré par son père comme un trésor absolu, a été dérobé. Ce larcin somme toute banal pique néanmoins la curiosité lorsque le passionné d’ésotérisme décède dans des circonstances troublantes. Au cours de l’enquête, un nom apparaît de façon obsédante : Fulcanelli.

Henri Lœvenbruck, dont on a pu remarquer dans ses précédents ouvrages le goût prononcé pour les faces obscures du passé, rédige avec Le Mystère Fulcanelli un texte bien ambigu. Il nous propose un roman, avec toute la d’écriture que permet le genre, tout en laissant entendre à son lecteur que la réalité dépasse la fiction. Fulcanelli est un personnage éminemment énigmatique. Il a défrayé la chronique des sciences occultes à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Il y eut en ce temps un âge d’or où une multitude de beaux esprits, esprits éclairés comme Victor Hugo, Camille Flammarion, Ferdinand de Lesseps – pour n’en citer que quelques-uns –, voulaient faire tourner les tables, traquer les fantômes et interroger les esprits. Ils s’activaient autour du grand œuvre en se livrant au bel art de l’alchimie.

Fulcanelli est la vivante incarnation d’une véritable énigme. Caché derrière un pseudonyme, cet inconnu est l’auteur de deux ouvrages : Les Mystères des cathédrales, publié en 1926, et Les Demeures philosophales daté de 1930. Dans ces textes, une remarquable érudition est distillée goutte à goutte dans les vapeurs des alambics de la symbolique alchimique.

Henri Lœvenbruck, en manipulateur expérimenté, joue avec ses lecteurs en emmêlant les cartes. D’une main, il distribue signes et repères en se basant sur les préfaces rédigées pour Fulcanelli par Eugène Canseliet, qui prétendait être son disciple. De l’autre, il narre l’histoire d’une longue traque menée par les protagonistes au cours d’une enquête où les morts brutales se succèdent.

Au cours de cette enquête, ses lecteurs ne découvriront évidemment pas le secret du grand œuvre ; au moins auront-ils entraperçu les arcanes d’un autre monde.

Flammarion, 414 pages, 21 euros

24 décembre 2013

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