[LIVRE] La Bombe de la dénatalité, ou le tsunami qui va balayer le monde
La démographie s’effondre depuis une décennie. Pas seulement en France, mais sur toute la planète. En à peine quelques années, des pays entiers sont passés sous le seuil de renouvellement des générations – et ils continuent de s’enfoncer.
Oscar Bockel est diplomate. Avec La Bombe de la dénatalité - Comment le monde entre dans l'hiver démographique (Cerf), il a rédigé une synthèse de la crise mondiale de la démographie et de ses conséquences. Sa lecture est indispensable pour tous ceux qui veulent comprendre où va le monde de demain.
Le smartphone, voilà l’ennemi
Pour Oscar Bockel, les smartphones « ont joué un rôle décisif dans la dénatalité ». Il observe que l’arrivée des smartphones dans quasiment tous les pays du monde « coïncide précisément avec la chute de la natalité ». En regardant de façon plus fine, aux États-Unis et en Europe, les premières régions où le smartphone s’est généralisé sont les premières à avoir connu une baisse de la natalité. La diffusion ou non du smartphone permet même d’expliquer les différences de natalité entre des pays au niveau de développement quasiment identique.
Bien sûr, la dénatalité est multifactorielle et le smartphone n’est pas le seul facteur explicatif – même s’il est sans doute, selon lui, le plus important. Une autre raison expliquant la chute des naissances est « l’érosion de la conjugalité » : la part de jeunes vivant en couple baisse, et fortement. Avant même la mise en couple, les adolescents ont moins de relations amoureuses que leurs anciens au même âge. La recherche adulescente de l’âme sœur et l’immense marché permis par les applications de rencontres conduisent les jeunes à chercher une relation parfaite qui, par principe, ne peut pas exister. Et le projet d’enfant n’est plus qu’un projet parmi d’autres, la cerise sur le gâteau d’une vie réussie.
Ce qui aboutit, en toute logique, à une baisse des naissances.
Un avenir sombre en perspective
La baisse de la démographie humaine n’améliorera en rien les conditions de vie ou le climat, c’est même l’exact inverse. Les sociétés vieillissantes n’auront ni l’inventivité ni les capitaux pour procéder aux investissements nécessaires à la lutte contre le changement climatique. Le monde va mathématiquement s’enfoncer dans une crise économique sévère qui produira plus de pauvreté, et ni la robotisation ni l’intelligence artificielle ne remplaceront les enfants qui ne sont pas nés.
Mon ami @oscar_bockel publie un excellent livre sur la natalité que tout dirigeant doit lire.
Il fait le point sur le plus grand sujet du siècle, plus grand encore que la question écologique.
D'ailleurs il rappelle avec à propos que les deux enjeux ne sont en réalité pas opposé.… https://t.co/dNFctuCL8N— Joan Larroumec (@larroumecj) September 21, 2026
L’immigration n’est pas une solution
Même en faisant totalement fi de l’impact et des effets secondaires délétères de l’immigration de masse, même en traitant les hommes comme de simples numéros, sans histoire, sans culture et sans identité, l’immigration n’est pas une solution à la baisse de la natalité. Et cela, pour une raison simple : il n’y aura bientôt plus grand monde pour émigrer. La chute de la natalité touche tous les pays du monde, même l’Afrique, qui a juste un peu de retard par rapport à l’Asie ou l’Amérique du Sud.
5/16 - L'Afrique elle-même n'y échappe pas : le Botswana est déjà sous le seuil de remplacement et, en 2070, le continent aura une fécondité plus faible que l'Europe. pic.twitter.com/Y23pzK5bxZ
— Oscar BOCKEL (@oscar_bockel) September 20, 2026
À ce sujet — 37 mesures (insuffisantes) pour relancer la natalité
Sur la question du Grand Remplacement, Oscar Bockel commence par disqualifier cette notion, qui reposerait sur « une définition éminemment subjective et contestable »… avant de calculer qu’en 2024 en France, 25 % des naissances avaient « quatre grands-parents extra-européens ». Il avance même qu’il « n’est pas extravagant de supposer, en prolongeant les courbes, qu’une majorité de naissances françaises ait une ascendance à moitié ou exclusivement extra-européenne dès 2040 ». Ce qui ressemble parfaitement à un Grand Remplacement.
La France peut encore s’en sortir
La France a une histoire particulière avec la démographie. Si notre pays avait fait sa transition démographique en même temps que l’Angleterre voisine, il y aurait eu 125 millions de Français en 1950. L’histoire du monde en eût été changée et Oscar Bockel se plaît à imaginer à quoi elle aurait ressemblé.
Cela n’a pas été, mais ce traumatisme inconscient a conduit la France à développer une politique nataliste efficace. Selon Oscar Bockel, les politiques publiques de soutien à la natalité ont permis la naissance de « 5 à 10 millions de Français », faisant donc de cette politique « l’une des politiques à plus fort effet de levier du XXe siècle ». Mais les décisions à courte vue ont peu à peu effrité ce modèle, jusqu’au choix funeste de François Hollande de mettre fin à l’universalité des allocations familiales.
Mais la fécondité française est restée élevée jusqu’au début des années 2010. À la différence de l’Italie, de l’Allemagne et du Japon, la France a donc encore la possibilité de relancer sa démographie – à condition de prendre au plus vite les bonnes décisions politiques.
Ces décisions, Oscar Bockel les esquisse à la fin de La Bombe de la dénatalité. Il propose un renouveau du natalisme français qui, pour un coût dérisoire au regard des dépenses sociales françaises, permettrait de gagner les naissances supplémentaires qui permettraient à la France de perdurer – et même, dans un monde en plein hiver démographique, de prospérer.
La Bombe de la dénatalité est un récit du monde qui vient, et celui-ci est bien sombre. Mais l’espoir existe, et il ne tient qu’à nous de nous en emparer.








































32 commentaires
rien n’est cahé depuis longtemps, exemple les Georgia Guidestones? LE plan Kalergi, tout y est écrit
Cela ne me semble pas très inquiétant, car notre Macron est en train de nous préparer « sa » guerre , il y tient beaucoup .Il ne sait pas encore très bien contre qui elle aura lieu, mais il y tient .
Tout ceci pour constater qu’après chaque guerre, en France, il y a eu une natalité en forte hausse
Donc vive Macron , vive « sa » guerre .
« procéder aux investissements nécessaires à la lutte contre le changement climatique. » On voit où se situent les priorités de l’auteur. Poubelle.
Exact. D’une part le problème des ressources rares va se traiter avec la chute de la natalité, et d’autre part tout ce cirque autour de l’origine humaine du changement climatique sera calmé le siècle prochain…
Bonne nouvelle en soit. Le principe 1 pour 1 doit s’appliquer.
Nous nous félicitons d’avoir une politique familiale pour soutenir la natalité , mais dans le contexte du mondialisme de la libre circulation des personnes, qui cherchent des opportunités qu’elles ne trouvent pas dans leur propre pays, on se pose la question de son utilité , si elle n’est pas destinée qu’aux seuls français . Ou, est ce que notre but est de participer à contribuer aux problèmes démographiques de la planète avec nos petits bras, tout comme ceux du dérèglement climatique ou de la pollution ? Alors que nous représentons 1 pour cent de la pollution mondiale contre laquelle les autres pays ne veulent pas lutter, et dans les mêmes proportions pour ce qui concerne la population ! Les grenouilles , ou » the frogs » pour les anglo américains , veulent se croire plus grosses que le bœuf mondialiste. Agissons intelligemment , là où nos compétences nous le permettent mais j’ai l’impression que nous avons oublié en route notre capacité à proposer des solutions rationnelles et donc réalisables . Nous ne seront jamais des américains pragmatiques comme les autres , qu’on se le dise entre « young leaders » !
Un milliard d’humains en 1800. 3 milliards en 1960. Plus de 8 milliards en 2025 …
Entre 1800s et 1950s la population humaine a été multiplié par trois. Entre 1800 et 2000s par huit et plus. Cette prolifération humaine, en seulement deux siècles, ne peut pas ne pas avoir de conséquences nuisibles pour l’ensemble de la Vie sur Terre. La baisse de la natalité humaine est un impératif de survie globale, sinon la Nature va y porter remède.