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Comme chaque année, à l’occasion de l’été, vous offre des extraits de livres. Cette semaine, au meilleur des mondes, par Éric Letty et Guillaume de Prémare. Cliquez sur la couverture du livre pour l’acheter.

La famille : une charnelle

La rupture entre la famille et l’école constitue un phénomène majeur de notre temps, mais les familles n’en ont pas encore pris toute la mesure, continuant souvent à croire en l’école comme auxiliaire éducatif. Là où le bât blesse, c’est que l’école ne parvient pas à éduquer les enfants lorsqu’il y a faillite éducative en amont, dans la famille. Combien d’enseignants disent aujourd’hui ne plus parvenir à exercer leur métier - transmettre les connaissances de bases - parce que les enfants n’ont pas les repères éducatifs suffisants ? Le projet totalitaire tourne au cauchemar : l’État ne parvient pas si aisément à prendre possession de l’esprit de l’enfant fragilisé au sein de la famille. Il travaille certes sur la « matière » d’un esprit malléable, mais il est démuni devant les comportements induits par le déficit éducatif. […]

Cette crise, constatée par nombre de parents et de professionnels de l’éducation, tourne au profit de la folie consumériste, qui y a particulièrement contribué. Les vertus éducatives et le mystère de l’intériorité sont en effet les ennemis désignés de la machine marchande. C’est par l’éducation familiale, par les modes de vie familiaux, et non par une morale superficielle distillée par l’école, que l’enfant expérimente les vertus, dont celle, essentielle, de tempérance. La tempérance est le cauchemar du marchand. Elle conduit les personnes à un usage raisonnable des biens et à la limitation des appétits, là où le marchand mise sur le règne de la pulsion, de l’instinct, de la boulimie. C’est dans le mystère de la famille que grandit et s’épanouit l’intériorité comme lieu ultime de la liberté, comme moteur et condition de la liberté intérieure. Le marchand ne veut pas la liberté intérieure des personnes, il veut l’asservissement extérieur des individus. Sa cible est la culture de l’être pour lui substituer celle de l’avoir. La marchande est la société pulsionnelle par excellence. En déstructurant volontairement les repères familiaux et éducatifs qui semblaient jadis intangibles, la machine politique et culturelle libertaire a contribué à livrer les êtres à la machinerie économique. Force est de constater que l’aliénation de la personne à la matière de la consommation a même pris de l’avance sur l’aliénation de l’individu à l’État.

La famille est donc le lieu d’une double résistance : à l’État et au marché. Ces deux entités que l’idéologie libérale prétend opposer sont, en réalité, les plus fidèles alliées sur le chemin du « meilleur des mondes ». Dans ce processus, la de la famille n’est pas uniquement un enjeu de combat politique et culturel collectif, c’est un enjeu interne pour chaque famille. Le combat est d’autant plus ardu que les références communes sont brouillées. Il n’y aurait plus de vision commune de la famille. Face à cela, ceux qui s’attachent à défendre cette réalité élémentaire et fondamentale sont conduits à justifier ce qui, d’une certaine manière, n’a pas besoin de justification. Rien n’est plus difficile que de démontrer ce qui est le plus élémentaire, le plus évident.

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21 août 2015

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