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Si tout le monde s'accorde aujourd'hui sur le fait que nous vivons dans des sociétés mondialisées, le concept de mondialisation reste parfois flou et est souvent limité a son aspect strictement économique, voire quasiment assimilé au néo-libéralisme. Pourtant, ce concept est avant tout géographique, aussi est-il nécessaire de l'aborder de manière globale. C'est ce que Gilles Ardinat, professeur agrégé de géographie à l'université Montpellier III, démontre dans son ouvrage Comprendre la mondialisation en dix leçons, publié chez Ellipses et dont la deuxième édition est préfacée par l'économiste Jacques Sapir.


Oubliez les études fastidieuses pleines de tableaux statistiques sur les données économiques mondiales qui sont d'ailleurs rapidement périmées. Si, à première vue, cet ouvrage ressemble davantage à un manuel pour étudiant en géographie, Comprendre la mondialisation en 10 leçons offre les outils pour comprendre les mécanismes du fonctionnement de la mondialisation à travers l'étude des idéologies et des logiques des différents acteurs. Organisé autour de dix grandes questions thématiques, ce livre aborde la mondialisation dans tous ses aspects, que ce soit historique, politique, géopolitique, culturel, démographique, économique, écologique, etc.


Une approche qui permet de saisir la grande complexité d'un processus marqué par une très grande diversité de ses aspects et ses modes de fonctionnement. La mondialisation n'est pas un bloc uni mais une multitude de groupes, de communautés, d'États qui ont chacun leurs intérêts propres et leurs logiques. La mondialisation, c'est avant tout la mise en relation de ces groupes à travers un espace géographique. D'ailleurs, pour l'auteur, "l’émergence d'un espace planétaire ne préjuge en rien de son contenu" et son mécanisme aujourd'hui "néo-libéral" est très récent par rapport à l'histoire de la mondialisation et de nombreux indices laissent à penser que cela pourrait être très temporaire.



Née avec les grandes découvertes du XVIe siècle, la mondialisation a longtemps été marquée par la mainmise et le contrôle de volontés étatiques. Que ce soit le mercantilisme de l'époque moderne, le marxisme soviétique ou le keynésianisme américain, le rôle de l'État reste prépondérant. Et si une « proto-mondialisation » libérale a eu lieu entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, elle a été brutalement stoppée par la Première Guerre mondiale. Ce n'est que dans les années 1980 que la mondialisation devient véritablement néo-libérale avec Reagan et Thatcher. Or, aujourd'hui, avec l'émergence des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), des pays avec une politique économique très étatique et protectionniste, rien n'indique que le néo-libéralisme puisse dominer ad vitam aeternam.

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13 février 2015

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