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La se shoote. D'une litanie d'interdictions, de règles et autres sécurisations... L'enquête de Philippe Eliakim, rédacteur en chef du magazine Capital, dévoile les méandres kafkaïens de ces obscures réglementations qui mécontentent à peu près tout le monde. Ces fameuses normes qui, en dépit du bon sens, brident les entreprises, ankylosent les collectivités et plument les contribuables.

Se doute-t-on qu’une simple gomme à effacer doit respecter un cahier des charges d'une dizaine de pages ? Qu'un réverbère doit répondre à plusieurs centaines de préconisations obligatoires ? Que des commissions se réunissent aux fins de déterminer la hauteur légale des potelets de trottoir ? Aux dernières nouvelles, le Journal officiel abriterait quelque 400.000 de ces normes. Des contributions qui représenteraient chaque année 3,7 % du PIB. Le pire, c'est que certaines renferment quelques utilités. C'est l'empilement qui se révèle nauséabond.

Gardons-nous d'invectiver la bande de Bruxelles ! Notre Administration s’auto-alimente seule et sans répit. Aux fins de justifier son existence, superpose compulsivement des obligations aux directives. Sans tambour ni musique. On appelle ça le « placage en or des règlements ». Dans cet univers absurde, « il n'y a ni proportion, ni relativité, ni bon sens, ni justification économique, ni corrélation avec la réalité, ni conscience des conséquences des règles qu'on s'obstine à faire respecter : il y a juste des alinéas à mettre à exécution ».

Nos technocrates, confondants de bonnes intentions, enfilant des perles de compassion, ont pris l'étrange habitude de pondre d'aberrantes réglementations. Lorsqu'ils débusquent un vide, un risque, ou que demeure une incertitude, ils s'empressent de constituer des groupes d'experts. Se chargent d'y rédiger décrets et arrêtés alambiqués. Histoire de former un nouveau carcan bien tassé ! Le divorce entre la civile et l'État paraît consommé. Plus ce dernier bouge, plus il s’empêtre.

De la description de cet univers aseptisé, il est difficile de sortir autrement qu'asphyxié. La « norme », c’est une abstraction, un standard statistique ; on a tôt fait de s'y sentir cloîtré. À force de vouloir tout légiférer, borner, administrer, n'est-on pas en train de perdre le fil de la réalité ? De creuser les déficits publics, d’engluer notre compétitivité et de détruire le liant avec les gouvernants ?

Difficile de désavouer le combat de Philippe Eliakim. Il faut néanmoins s'armer de curiosité, de patience et d'optimisme face à pareille extension du domaine de la contrainte : fosses septiques, bisphénol A, blindage de câbles électriques, bottes de pompier, amiante, ascenseurs et autres triples isolants se dévoilent, s’enchaîent. Pour mieux nous enliser ? L'ennui, c'est qu'on n'entrevoit pas la moindre once de résolution. Conscients du fatras, Hollande et consorts ont promis de s'y attaquer. Pas de quoi festoyer. Malgré les changements annoncés, l'avenir normatif ne semble guère enclin à s'alléger.

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27 novembre 2013

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