Le Point posait récemment la question : « Mosquée de Genève, nid de ? » Y répondriez-vous positivement ?

Non, mais je peux me tromper. C’est une mosquée construite et financée par l’Arabie saoudite via la Ligue islamique mondiale. Elle propage donc — comme celle des Frères musulmans, d’ailleurs — un littéraliste. Et c’est cet islam qui peut être le terreau du djihadisme.

Pourquoi en parle-t-on ?

Après des révélations fracassantes, il y a neuf mois, sur le radicalisme de cette mosquée et le départ en de deux fidèles, une délégation de la Ligue islamique mondiale conduite par son secrétaire général Al-Turki vient de passer quelques jours au bord du Léman. Le but, suggèrent les médias, était de « faire de l’ordre ». Ce qui est cocasse, c’est que Al-Turki est lui-même le président du conseil de fondation de cette mosquée dans laquelle il vient « mettre de l’ordre » ! Et c’est un adorateur du régime saoudien qu’il cite en modèle.

Deux imams de cette mosquée sont français et fichés S en France… Avez-vous l’impression que les renseignements suisses ou français font suffisamment attention à ce qui s’y passe ?

Non. Cette mosquée a été inaugurée en 1978 par le roi Fahd avec le gratin suisse et local et, depuis, elle vit sa vie sans que personne ne se préoccupe une seconde de savoir ce qui s’y passe. Pourtant, ce n’est pas — et de loin — la première fois qu’elle attire l’attention par son obscurantisme et sa gestion nébuleuse. La est très opaque. Jusqu’à nouvel avis, les deux imams, tout fichés qu’ils sont, y officient toujours.

En France, Alain Juppé a affirmé qu’il fallait relire l’islam pour l’adapter et l’intégrer à la … Vous adhérez ?

Relire, très bien, mais qui va relire ? Lui ? Je ne cesse de dire que ce qui nous empêchera toujours de faire confiance aux musulmans (je parle des pratiquants et des autorités religieuses, les autres ne servent à rien dans ce débat), c’est le refus obstiné, absolu de débattre de leurs textes. Tant qu’ils ne se décideront pas à reconnaître, par exemple, la violence ou la misogynie qu’ils contiennent, ils sont et doivent être suspects et même combattus. Les déclarations à la Juppé sont du bouillon pour les morts.

Ils sont aussi piégés par le statut du Coran censé avoir été dicté par Dieu — alors que de multiples recherches historiques montrent comment il a été « fabriqué ». Comment voulez-vous que ces musulmans imputent à Dieu des erreurs, des injonctions inhumaines ou une violence condamnable ? Et même la nécessité de placer les mots de « l’Omniscient », lorsqu’ils sont trop choquants, dans un contexte ? « L’Omniscient » ne savait donc pas que le contexte allait évoluer ?

Mais personne n’exigera d’eux qu’ils nous disent ce qu’ils enseignent. Les journalistes ne posent pas de questions pointues, et ceux qui ont lu le Coran doivent se compter sur les doigts d’une main. Les médias relaient de beaux discours sur la tolérance, l’amour et la paix. Et l’on s’empresse d’affirmer que les atrocités, les persécutions des minorités, l’asservissement des femmes, ce n’est pas l’islam, sans en avoir la moindre idée.

Qu’attendez-vous des hommes politiques suisses et, plus largement, européens sur cette question ?

J’attends qu’ils se fondent sur nos valeurs afin d’exiger des comportements qui leur soient fidèles, qu’ils cessent d’accepter des revendications bigotes et obscurantistes. J’attends qu’ils surveillent ces mosquées, leurs sites et leurs prêches parce que rien de cela n’est fait ; c’est même légalement interdit. Au-delà de la question des djihadistes, il y a aussi un discours de haine de ce que nous sommes qui est régulièrement tenu dans les mosquées.

Actuellement, la confusion est totale sur l’islam et ses revendications. À Lucerne, un établissement scolaire a ouvert des salles de prière pour ses élèves musulmans. L’émotion a été faible. Notre « Cour suprême » a récemment admis le port du à l’école, presque tous les médias s’en sont félicités. Une émission nous avait présenté quatre imams qui occupent des fonctions importantes en Suisse. Sur les quatre, un seul (par ailleurs salafiste qui avait toujours refusé de la condamner) avait accepté de condamner la lapidation. Aucun ne rejetait la . Cette émission n’a fait aucune vague, contrairement au refus de deux adolescents de serrer la main de leur enseignante, qui a récemment créé un tollé.

Et je ne parle pas d’un élu Vert de Montreux, porte-parole d’une mosquée, qui avait refusé de serrer la main à une journaliste. Le groupe « égalité » des Verts, interrogé sur ce point, n’avait rien trouvé de gênant, puisqu’il était dans sa mosquée…

L’islam est une de conquête que personne ne semble vouloir arrêter. La Suisse n’est pas dans la situation effrayante de la France, mais elle marche lentement et sûrement dans la même direction.

Entretien réalisé par Charlotte d’Ornellas

18 juin 2016

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