Un chiffre essentiel, tant redouté par les experts, vient de tomber : c’est celui de l’. En , elle reste très modérée, environ 1,5 %, malgré une légère poussée observée. En Espagne et en , elle dépasse les 2 %. Mais aux États-Unis, elle s’élève à 4,2 %, le taux le plus élevé depuis plus de treize ans. Une poussée très forte, brutale. Ce retour de l’inflation est certes dû en partie à la hausse des matières premières et de certains produits alimentaires ou industriels, pour cause de pénurie. Nous entrons dans une phase de reprise post-pandémique qui va créer de facto un surcroît de demande à laquelle l’offre ne peut s’adapter automatiquement. C’est une sorte d’inflation « frictionnelle ». Mais l’inflation américaine est essentiellement due à une forte poussée de la demande interne, de la consommation : elle indique qu’un emballement difficilement maîtrisable est en passe de déstabiliser la situation financière du pays, voire mondiale.

Il y a quelques jours, j’écrivais sur Boulevard que la politique de relance massive ultra-keynésienne de Biden était irrationnelle et qu’elle risquait de mettre l’ américaine en grand danger. Mes prévisions ont été dépassées par la réalité. La distribution de chèques directement dans les boîtes aux lettre des Américains, même si elle n’est pas encore effective, provoque des anticipations consuméristes énormes, donc une flambée de la demande. Or, l’offre n’est pas soutenue autant, cette flambée consumériste provoque donc une hausse des prix, mais également une poussée du déficit commercial américain, car il profite aux importations, chinoises en particulier. De facto, la Fed va devoir remonter tôt ou tard ses taux d’intérêt pour parer à l’inflation qu’elle a elle-même préparée à force d’émission massive de monnaie. La fin du bal est déjà annoncée aux États-Unis, un tour de vis se prépare au niveau de la banque centrale. Il risque de provoquer très vite un , car les Bourses ne se sont, jusqu’ici, maintenues que grâce aux émissions massives de monnaie et aux taux d’intérêt très bas pratiqués par la Fed.

Mais les États-Unis ont ceci de particulier qu’ils conditionnent les affaires du reste du monde, à court ou moyen terme. La vague inflationniste partie d’outre-Atlantique s’échouera forcément sur nos rivages, d’ici quelques mois. Les mêmes causes provoquent les mêmes effets, la BCE comme la Banque d’Angleterre devront serrer la vis. La remontée des taux d’intérêt pèsera lourdement sur nos budgets nationaux, tous plus ou moins surendettés. Et le rêve des néo-keynésiens, promoteurs de la Théorie monétaire moderne dont j’explique à longueur de temps qu’elle est une fumisterie de plus imaginée par l’idéologie socialiste, va s’évanouir dans un océan de récession, de misère et de difficultés.

14 mai 2021

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