L’actualité est saturée d’images, de témoins, de souvenirs et de mémoire du débarquement. Notre époque aime décrire les horreurs de la guerre, mais elle a du mal à comprendre l’atmosphère morale du combat contre le totalitarisme nazi. Notre époque parle de à défendre, mais oublie de quelle liberté il s’agit.

Sur les plages de Normandie, le Président de la République actuel a dit que « la est un combat. 70 ans après, cette liberté est toujours menacée dans certains régimes du monde ». Il reste vague sur les pays manquant de liberté, mais aussi sur le contenu précis des libertés démocratiques qu’il s’agit de défendre.

Les hommes du débarquement pouvaient s’en faire une idée avec le discours « des quatre libertés » du président américain Roosevelt du 6 janvier 1941, et la « Charte de l’Atlantique » proclamée avec l’anglais Churchill, Charte adoptée par de nombreux Etats (dont l’URSS) en janvier 1942. Ils ont ensuite connu la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) de l’Organisation des Nations Unies en 1948. Tous ces acteurs fondateurs reprenaient le socle intangible des libertés « de parole et d’expression », celle « d’honorer Dieu comme il l’entend » tout en étant libéré de la de la guerre entre les nations.

Mieux. La DUDH proclame que l’homme a des droits et libertés qui ne peuvent être supprimés par « un Etat, un groupement ou un individu », ce qui rejoint l’encyclique du pape Pie XI contre le nazisme Mit Brennender Sorge en 1937. « L’utilité du peuple » ne justifie pas qu’on supprime les droits de la personne humaine.

La déclaration de 1948 rappelle aussi que les hommes sont libres et responsables de leurs actes en les décrivant comme « doués de raison et de conscience » et devant « agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ». Autrement dit, la ne doit plus seulement protéger l’homme de ce qui peut l’agresser, elle lui doit aussi des « droits créances ». C’est ce qui a conduit aux « droit à » : droit à une famille, droit à l’Education, droit à des syndicats, à une sociale.. et au final à la mise en place de l’Etat Providence.

Aujourd’hui ces libertés et droits invoqués sont menacés. L’idée que les droits de l’homme sont une réalité naturelle que les lois humaines ne pourraient modifier est contestée par les disciples de Hans Kelsen et du positivisme juridique. Pour eux, l’appel à des valeurs morales supérieures est impossible et les lois ne sont légitimes que si elles ont été décidées en respectant des procédures légales régulières. Cela fait que les droits de l’homme peuvent et doivent évoluer. Pour certains, ils pourraient s’étendre aux animaux, tout en transformant les notions de droit à la vie ou à une famille.

Chanter la mémoire de ceux qui ont combattu pour rétablir la liberté, la et les droits de l’homme en Europe, c’est très beau, mais il faut aussi être clair sur le sens qu’on donne à ces mots. Il faut aussi mettre en accord ses paroles et ses actes et se soucier de respecter.

9 juin 2014

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