Libération est un tract. Au service du vieux monde et de ses maîtres. On y dénonce les contestataires d’aujourd’hui avec les mêmes mots, la même fureur mais aussi la même sottise que leurs aînés de la presse Hersant face à la « chienlit » du printemps 68.

Libération vieillit mal. Corseté dans ses petites certitudes, on y applaudit les forces de l’ordre quand jeunes garçons et jeunes filles vont dire leur hargne à des politiciens pour qui le Libé des années 70 n’était pas plus charitable. Le journal de Jean-Paul Sartre est passé, comme on disait alors, de l’autre côté de la barricade.

Libération n’a plus d’humour. On y signe des unes vengeresses, on y mène des enquêtes à charge, on y pratique un journalisme de délation. On y joue les flics. On s’y comporte comme des flics. On y pense comme des flics.

Libération a perdu pied. On n’y interroge plus le réel. On s’en désintéresse, on a mieux à faire. On juge avant d’écouter. On condamne avant toute forme d’enquête. Rue Béranger, on est devenu autiste. Sourd au monde.

Libération est assis sur son petit magot. Un magot de lecteurs de plus en plus maigre. Un magot vieillissant, recroquevillé sur ses certitudes. Mais qu’il ne faut surtout pas effaroucher, encore moins bousculer. Alors, c’est écrit une fois pour toutes : la rue aujourd’hui, c’est la « haine ultra ». La messe est dite.

Libération fait peine à voir. Trente ans à le lire. Trente ans à y découvrir des papiers qui vous agacent, vous malmènent mais vous nourrissent. Et puis, plus rien. Plus besoin de dépasser le premier paragraphe, on sait déjà. On ne vous apprend rien. On vous sermonne.

En ce printemps 2013, Libération est mort. Et la jeunesse qui bat le pavé n’en aura même rien su.

64 vues

23 avril 2013

Partager

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.