Comme je l’écrivais hier, la méchante et dangereuse “fachosphère” vous trompe, vous désinforme. C’est Le Monde qui le dit… Rappelez-vous : on pouvait lire sous la plume de Samuel Laurent, il y a quelques jours : « Le candidat du PS comme celui d’En Marche ! ont été confrontés à une méthode de désinformation éprouvée, fondée sur des titres trompeurs et des relais complaisants. »

Et qui sont ces relais complaisants ? Je vous le donne en mille : « la “fachosphère”, ce réseau de blogs et vrais-faux sites d’information de militants d’extrême … »

Le Monde — ce même journal dont un des propriétaires s’est affiché en soutien d’ —, qui s’est érigé en arbitre des vraies et des fausses informations, des bons et des mauvais journalistes, en un mot, en un véritable “conseil de l’ordre” de la profession journalistique… Eh oui, vous le savez, c’est Le Monde qui a créé et mis en ligne le Decodex, cet “outil pour vous aider à vérifier les informations qui circulent sur Internet et dénicher les rumeurs, exagérations ou déformations”.

Déjà, souvenez-vous, nous avions bien ri, ici même, en tapant sur ce précieux outil le nom du journal qui l’a lancé : la réponse était claire, Le Monde est “en principe plutôt fiable”. Pour preuve, il a la pastille verte, gage de sérieux. En clair, Le Monde adoube Le Monde. On n’est jamais si bien servi que par soi-même… Pour mémoire, rappelons que Boulevard est affublé d’une pastille orange et est présenté comme pouvant être “régulièrement imprécis, ne précisant pas ses sources et reprenant des informations sans vérification. Soyez prudent et cherchez d’autres sources. Si possible, remontez à l’origine de l’information.”

Bon, nous allons avoir l’occasion de vérifier si le Decodex est de bonne foi…

En tapant Libération, nous accédons à la même réponse : un site “en principe plutôt fiable”.

Vous me direz, tout réside dans le “en principe”. Car ce matin, à 11 h 22 exactement, Libération publiait ceci :

Henri Guaino : c’est à la limite de la honte que madame Le Pen me parraine…

Vous en déduisez légitimement que monsieur Guaino est furieux d’avoir reçu ce parrainage de la part de la présidente du Front national et que le rouge de l’infamie lui est monté aux joues… Eh bien, vous n’y êtes pas du tout ! Voilà ce que disait, en réalité, M. Guaino, alors qu’il s’insurgeait contre les consignes « de l’appareil des Républicains » : « C’est quand même triste – c’est même à la limite de la honte – que madame Le Pen me parraine, alors que mes propres amis politiques, ceux avec lesquels je suis censé me battre sur des valeurs qu’ils sont en train de jeter à la rivière, ne m’accordent pas les parrainages. »

Donc, si vous lisez bien, ce qui est honteux n’est pas que madame Le Pen le parraine mais que ne le fassent pas. Une nuance de taille, non ?

Bon, soyons honnêtes, entre-temps, Libération a dû se rendre compte de sa petite tendance à la “désinformation” — devrait-on dire “déformation” — et a corrigé son titre, devenu depuis : “Henri Guaino : “Je n’ai rien demandé” à …”

Allez, soyons gentils, tout le monde peut se tromper… Mais quand même, “Monsieur le Decodex du Monde”, si vous étiez vraiment sincère, peut-être que Libération mériterait une petite pastille orange, non ?

15 mars 2017

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