Editoriaux - International - Politique - Presse - Religion - 8 octobre 2015

L’hebdomadaire Marianne ouvrirait-il enfin les yeux sur la nature du régime saoudien ?

Le dernier numéro de Marianne
(n° 963) titrait : « L’Arabie saoudite/État islamique ». Cet hebdomadaire qui tape souvent sur « l’extrême droite » – comprenez le Front national, sa bête noire – aurait-il enfin compris que le grand combat à mener, par-delà les différences politiques de chacun, c’est la lutte sans condition contre l’islam qu’on appelle poliment « radical », lequel a déjà pris ses quartiers dans l’Hexagone ?

« Tout aussi cruel et obscurantiste que Daech, le royaume saoudien n’a pas grand-chose à lui envier. Logique, il l’a enfanté et inspiré ! » dit l’accroche de l’article consacré à cette monarchie absolue de droit divin. Marianne égrène donc les atrocités moyenâgeuses perpétrées de nos jours par un royaume obscurantiste par excellence et ce, publiquement, car c’est là-bas un spectacle très prisé. Rappelons, pour mémoire, que la dernière exécution publique en France a eu lieu le 17 juin 1939, et le condamné a été guillotiné : pas crucifié, son corps abandonné à la décomposition.

Il semblerait que l’humain soit de peu de valeur dans ce royaume dont l’une des principales ressources financières est le Hadj (pèlerinage de La Mecque). Au regard des mouvements de foule meurtriers qui endeuillent depuis plusieurs années ce pèlerinage, on peut se demander pourquoi il n’en est pas de même le 15 août (fête de l’Assomption) à Lourdes ! Peut-être parce que la France accorde plus de valeur à la vie de ses pèlerins et sécurise mieux les pèlerinages qui se déroulent sur son territoire pour éviter aux fidèles de mourir écrasés. Ce qui ne serait ni chrétien ni festif !

Aussi, une fois n’est pas coutume, je suis d’accord avec Marianne qui pointe la lâcheté économique des puissances occidentales, lesquelles cesseraient peut-être de bombarder les positions de Daech si l’on découvrait des mines d’or et de diamant sur le sol qu’il contrôle. Simple supposition !

Curieusement, ce sont les intellectuels arabes en personne qui sont les plus lucides et virulents à l’égard du wahhabisme – doctrine religieuse en vigueur en Arabie saoudite et qui essaime dans le monde entier, notamment chez les terroristes islamistes. Une leçon de courage dont certains feraient bien de s’inspirer chez nous. Là où je diffère de Marianne, c’est que, selon moi, l’islam wahhabite n’est pas radical : il est littéral. Le wahhabisme n’est pas un « hold-up sur la religion » : il est son plus fidèle serviteur.

Pour autant, je salue cet article courageux, qui conclue justement : “Nous ne pourrons pas éternellement dans le même mouvement flatter et bombarder les égorgeurs. » Seulement, pour mettre fin à cette schizophrénie qui condamne et cautionne le même mal dont nous sommes victimes, il nous faudrait des dirigeants capables de bâillonner la loi du marché et défendre les peuples qu’ils sont censés représenter.

L’Arabie saoudite et Daech sont deux têtes – hélas, il y en a d’autres ! – de l’Hydre, et pas un seul Héraclès pour les trancher.

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